à la Une

CHARTE des VigilantEs

Egalité, Emancipation, Laïcité 

 

Les droits et libertés des êtres humains, à fortiori des femmes, ne sont garantis que par des systèmes démocratiques.

Notre République laïque est certes imparfaite, mais elle est indéniablement porteuse de valeurs d’égalité et d’émancipation,  quand elle organise la séparation des affaires religieuses et citoyennes.

Les  religions, en cimentant le patriarcat, justifient la domination masculine et la répression des minorités sexuelles.  Elles ont évolué différemment à travers les siècles, mais, avec plus ou moins de détermination et de succès, elles induisent une soumission des femmes, leur instrumentalisation et plus encore,  le contrôle de leurs corps.

Il est impératif pour la démocratie, que les religions ne s’immiscent pas dans les affaires politiques et sociales de notre République, à fortiori sous leur forme radicale. Tous les intégrismes religieux sont des obscurantismes dangereux pour les femmes et la démocratie.

Les petites et grandes lâchetés, le clientélisme et les calculs électoralistes, le manque de courage et de rigueur intellectuelle n’ont fait que renforcer la montée de l’islamisme et de l’extrême droite.

Les crises économiques et environnementales ont engendré une crise des valeurs, instrumentalisée par des mouvements politico-religieux qui répondent qu’ils sont la solution. Ces mouvements idéologiques engendrent  des propagandes fondamentalistes qui font le lit du terrorisme partout dans le monde.

Qui peut encore minimiser les attaques du radicalisme religieux ?

Lorsqu’elles émanent des religions chrétiennes et juives, elles sont dénoncées et combattues par l’ensemble des forces démocratiques, de manière quasi unanime.

Lorsqu’elles émanent de courants musulmans, il se trouve des groupes, des politiques, pour les justifier au prétexte que l’Islam serait « la religion des opprimés de la colonisation ». Le salafisme s’est implanté depuis plus de vingt ans en France. Quiétiste ou pas, cet obscurantisme est dangereux pour les femmes et la démocratie.

L’affaire du Salon musulman de Pontoise, censé mettre « la femme musulmane à l’honneur »,  nous a aidé-es à mesurer la gravité de la situation. Une réunion publique où des prédicateurs, connus pour défendre le statut inférieur des femmes et appeler au viol conjugal, peuvent en toute impunité, tenir des discours moyenâgeux quant au rôle de la femme, n’est pas acceptable sur le territoire de la République. Les coups et menaces de viol et de mort proférés à l’encontre des FEMEN venues exprimer leur colère, révèlent le climat d’une extrême violence de ce type de réunion.

Après les attentats de Charlie Hebdo, de Tunisie, de Paris, Beyrouth, Tel Aviv, Bamako, Bruxelles, Ouagadougou et partout dans le monde, nous ne tolèrerons plus la moindre complaisance.

Nous, féministes laïques et nos alliés, décidons de nous organiser et de créer un réseau pour résister à la montée des intégrismes religieux obscurantistes et misogynes, d’où qu’ils viennent.

Nous refusons la domination masculine, les discriminations et violences de genre de toute nature, l’effacement, l’enfermement des femmes sous une tutelle. Nous revendiquons un féminisme universel et solidaire.

Nous réagirons et mobiliserons à chaque fois et tant que cela sera nécessaire.

Les fondatrices : Christine Le Doaré, Agnès Setton, Arlette Zilberg et toutEs les autres

Porte-parole :

Christine Le Doaré : christine.ledoare@sfr.fr

Arlette Zilberg : arlette20@orange.fr

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Pourquoi les VigilantEs soutiennent le Collectif Féminicides par Compagnons

Nous condamnons fermement l’attitude du Collectif #NousToutes aussi du Planning Familial et quelques autres, envers le Collectif Féminicides par Compagnons ou Ex. Une fois de plus, ces groupes portent préjudice aux droits des femmes et divisent le mouvement féministe.

Notre réseau féministe universaliste pointe les limites voire les dangers des idéologies qui, plaquées sur le féminisme, affaiblissent l’émancipation des femmes et nous divisent.

Si l’intersectionnalité permet d’analyser des situations de discriminations multiples, nous considérons que les discriminations et violences faites aux femmes, ne peuvent être analysées sous ce seul prisme, au risque de faire passer au second plan les luttes féministes.

C’est la raison pour laquelle nous pointons régulièrement les manipulations de certains groupes qui concentrent leurs discours et engagements envers des questions anticolonialistes, raciales ou transphobes, notamment,  en priorisant d’autres agendas sur la lutte contre le sexisme et le patriarcat.

Ainsi en est-il du Planning familial pour qui les femmes sont devenues depuis quelques temps « des personnes qui menstruent » et cela pour ne pas offenser les trans. Exit les filles et les femmes. Exit aussi la laïcité et l’émancipation des filles au profit de la lutte pour le port du voile pour toutes les filles d’origine musulmane. Exit encore la lutte contre l’exploitation sexuelle au profit des droits des clients de la prostitution, quand ce n’est pas au profit des comptes bancaires des macs et des réseaux maffieux.  

Ainsi en est-il des mouvements racialistes qui préfèrent soutenir la suprématie machiste noire ou islamique plutôt que de dénoncer des viols d’hommes « racisés » sur des femmes blanches. Rappelez-vous Cologne, La Chapelle …

Ainsi en est-il de Aides, qui plutôt que lutter contre l’épidémie de SIDA, s’attaque aux lesbiennes qui refusent « de sucer les bites » des trans M to F.   

Le Collectif #NousToutes a préféré – pour faire du chiffre – intégrer dans ses rangs tous ces groupes intersectionnels et partisans du relativisme culturel comme des woke et cancel culture.

Nous n’avons pas oublié les manifestations #NousToutes où en tête de cortège il y avait des racialistes, des leaders du PIR, des groupes queer et pro prostitution, et des trans-activistes. Aujourd’hui #NousToutes voue aux gémonies le Collectif Féminicides Par Compagnons ou Ex, qui depuis six ans fait un travail remarquable de recensement des féminicides, au prétexte qu’il ne recense que les féminicides conjugaux et serait ainsi « transphobe ». Peu lui importe que les meurtres de personnes transgenres soient des assassinats en situation de prostitution par des clients, et pas en situation de conjugalité. Il n’y a simplement pas eu en France de meurtre par conjoint ou ex-conjoint de personne trans.

Ne nous y trompons pas, ces groupes qui veulent faire disparaître les femmes au profit du genre et de l’auto-détermination, n’ont qu’un objectif :  effacer les filles et les femmes. S’il n’y plus de femmes, mais des êtres auto-définis comme bon leur semble, il n’y aura plus besoin de droits des femmes ni de féminisme pour nous protéger. Nous VigilantEs, ne laisserons pas faire !

L’évolution du mouvement des femmes vers toujours plus d’inclusivité queer/trans, anticolonialiste/indigéniste/racialiste, au détriment de l’émancipation des femmes, est traitée dans le livre récemment paru aux éditions Double Ponctuation « Fractures ! Le féminisme et le mouvement LGBT en danger » de Christine Le Doaré dont nous ne pouvons que vous recommander la lecture.

Les VigilantEs

#25novembre2021 Solidarité avec les filles et les femmes d’Afghanistan 

Pour le #25novembre2021 les VigilantEs se joignent à une action inter-associative européenne, en faveur des femmes afghanes :

  • un appel – à lire ci-dessous – avec un rassemblement organisé devant le Parlement Européen, le 25 novembre à 12h00.
  • une conférence de presse qui se tiendra à Bruxelles le 24 novembre 2021 à 11h00

L’ APPEL

Solidarité avec les filles et les femmes d’Afghanistan Pour le droit à la vie, à la sécurité, à la santé, à l’éducation

Par Coordination des associations européennes solidaires

des femmes d’Afghanistan

Le retrait militaire des États-Unis d’Afghanistan, le 31 août dernier, a précipité ce pays dans une terrible crise aux multiples visages ouvrant la voie à un retour au pouvoir des Talibans. Nous gardons encore en mémoire les quelques images qui ont fait le tour du monde avec des femmes devenues des ombres bleues, prisonnières dans leurs tchadris, traversant furtivement les rues, au milieu des années quatre-vingt-dix et ce jusqu’à la chute du régime en 2001.

Les femmes se sont remises à vivre, à se soigner, à sortir, à fréquenter les salons de coiffure et de beauté, à étudier, à travailler, à faire du sport, bref à s’impliquer de mille et une façons. Les petites-filles ont repris leurs cartables et ont retrouvé le chemin de l’école. Cette visibilité marquait leur retour dans l’espace et dans la vie publics. En vingt ans, des gains considérables ont été faits cultivant l’espoir d’une vie meilleure dans un pays qui peinait à sortir la tête de l’eau, frappé par l’insécurité, l’instabilité politique, la corruption endémique et les luttes claniques qui n’ont jamais cessé.

Pendant toutes ces années, les filles et les femmes ont incarné un véritable changement. L’année dernière, 3.5 millions de filles étaient scolarisées, 100 000 femmes fréquentaient des universités, publiques et privées, un millier parmi elles étaient devenues cheffe d’entreprise, 500 femmes occupaient la fonction de juge et procureur et 12 000 étaient engagées dans la police et l’armée. Cet élan a été brusquement interrompu par la reprise en main du territoire par les Taliban. Mais ces femmes sont encore là-bas, prètes à poursuivre leur œuvre et leurs chemins.

Qui plus est et en corolaire, Le pays est au bord d’une très grave crise humanitaire. Quelque 22,8 millions d’Afghans, soit plus de la moitié de la population, seront cet hiver à court de nourriture. Parmi eux, 3,2 millions d’enfants de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë d’ici la fin de l’année. Des familles en viennent donc à vendre leurs petites filles à des hommes très âgés, des milliers d’enfants trainent dans les rues au bord de l’esclavagisme. Qu’est-ce qu’on attend pour agir ?

Nous, femmes européennes de différents horizons impliquées dans la société civile, sommes très préoccupées par la situation de nos sœurs afghanes. Nous sommes très inquiètes des nouvelles qui nous parviennent de là-bas. Les femmes vivent dans une terrible peur et craignent pour leur vie et celle de leurs enfants. Certaines se suicident et d’autres sont exécutées.

A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous, femmes européennes de différents horizons impliquées dans la société civile exprimons notre solidarité concrète et agissante à l’endroit des femmes d’Afghanistan. Pour ce faire, nous nous adressons aux gouvernements de nos pays ainsi qu’à l’Union européenne pour que nos décideurs prennent la mesure de la situation et assument leurs responsabilités.

  • Pour nous, reconnaitre le régime des Talibans n’est guère une option. Bien au contraire. Ça serait une trahison de nos valeurs européennes. Il faut envoyer un message clair et sans équivoque aux Taliban selon lequel la vie, la sécurité, la santé, l’éducation des filles et des femmes sont des droits non négociables. Nous saisissons cette occasion pour rappeler à l’Europe la nécessité de parler et d’agir en bloc cohérent afin d’asseoir son pouvoir tout comme le font d’autres puissances.
  • Nous plaidons en faveur d’un retour de l’aide humanitaire européenne tout comme nous demandons à ce que celle-ci soit conditionnelle à l’amélioration des conditions de vie des femmes et des petites filles. Ces dernières doivent renouer avec l’école, l’éducation étant leur meilleur allié.

L’autre volet sur lequel nous travaillons est l’accueil des réfugiées. Des milliers de femmes ont été jetées sur les chemins de l’exil dont certaines sont arrivées en Europe dans l’urgence et la précipitation, sans titre de séjour, abandonnant une partie de leurs familles là-bas. Nos Etats doivent se montrer à la hauteur de cette situation et accueillir comme il se doit ces rescapées de la mort. L’accueil n’est pas seulement du seul ressort des Etats, il est aussi l’affaire de chacune et chacun, de toutes et tous et bien entendu de la société dans son ensemble.

Nous appelons à une large mobilisation le 25 novembre à 12h00 devant le parlement européen (place du Luxembourg) pour faire entendre nos voix en faveur de la solidarité et de l’accueil des femmes d’Afghanistan

Les premiers signataires : Assemblée des femmes (Geneviève Couraud) ; Centre Communautaire Laïc Juif (CCLJ) (Emmanuelle Einhorn) ;  Collectif Laïcité Yallah (Djemila Benhabib) ; Conseil des Ex-Musulmans – Allemagne (Mina Ahadi) ; Conseil des Femmes Francophones de Belgique (CFFB) (Sylvie Lausberg) ;European Association for The Defense of Minorities (Manel Msalmi) ;Femmes Solidaires (Sabine Salmon) ; Frauen für Freiheit e. V. (Femmes pour la liberté), (Rebecca Schönenbach) ; La Fondation Anne-Marie Lizin (Michel Lizin) ; La Palabre (Khady Koita) ; Les Résilientes (Rachida Hamdan) ; les VigilantEs (Christine Le Doaré) ; Ligue du Droit International des Femmes (Annie Sugier) ; Migrantinnen für Säkularität und Selbstbestimmung (Naïla Chikhi) ; Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme (Huguette Chomski Magnis) ; NEGAR-Soutien aux Femmes d’Afghanistan (Shoukria Haidar) ; Observatoire Féministe des Violences faites aux Femmes (Viviane Teitelbaum) ; Regards de Femmes (Michèle Vianès) ; Réussir l’Égalité Femmes-Hommes (Huguette Klein) ; Synergie Wallonie pour l’Egalité entre les Femmes et les Hommes (Reine Marcelis) ;  Valeurs et Spiritualité Musulmane de Belgique (Ismaël Touil) ; Women’s Initiative for Citizenship and Universal Rigths (Lalia Ducos)

LA CONFERENCE DE PRESSE

Communiqué de presse                                        Bruxelles, le 23. 11. 2021

Pour diffusion immédiate

Solidarité avec les filles et les femmes d’Afghanistan 

Pour le droit à la vie, à la sécurité, à la santé, à l’éducation

Les médias sont cordialement invités à la conférence de presse de la Coordination des associations européennes solidaires des femmes d’Afghanistan, à l’occasion du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination des violences contre les femmes.

Date : 24 novembre 2021 à 11h00

Lieu : Maison des Associations Internationales, rue Washington 40, Ixelles

Prendront la parole :

Shoukria Haidar de l’Association Negar-Soutien aux femmes d’Afghanistan, (Kaboul, Paris)

Lailuma Sadid, journaliste afghane, (Bruxelles)

Naila Chikhi de Migrantinnen für Säkularität und Selbstbestimmung, (Berlin)

Rebecca Schönenbach de Frauen für Freiheit e. V. (Femmes pour la liberté), (Berlin)

Viviane Teitelbaum de l’Observatoire Féministe des Violences faites aux Femmes, (Bruxelles)

Djemila Benhabib du Collectif Laïcité Yallah, (Bruxelles)

Qui est la Coordination des Associations Européennes Solidaires des Femmes d’Afghanistan ?

La Coordination des Association Européennes Solidaires des Femmes d’Afghanistan a été constituée en novembre 2021 à la suite de la crise que traverse le pays. Elle regroupe des associations œuvrant pour l’égalité et l’émancipation des femmes, la paix et la solidarité internationale et plaide en faveur de la rencontre des peuples et des cultures. La Coordination a initié un Appel qui sera lu lors de la conférence de presse, il a recueilli des dizaines de signatures. Pour le moment, il est disponible en anglais, en allemand et en français.

Que demande cet Appel ?

  • Rappeler à l’Europe la nécessité de parler et d’agir en bloc cohérent afin d’asseoir son pouvoir tout comme le font d’autres puissances.
  • Plaider en faveur d’un retour d’urgence de l’aide humanitaire européenne.
  • Organiser l’accueil des réfugiés. L’accueil n’est pas seulement du seul ressort des Etats, il est aussi l’affaire de chacune et chacun, de toutes et tous et bien entendu de la société dans son ensemble.

LE RASSEMBLEMENT

Action organisée

Large mobilisation le 25 novembre à 12h00 devant le parlement européen (place du Luxembourg)

Une possibilité de faire des interviews personnalisées avec les intervenantes sera offerte à la fin de la conférence de presse.


CONTACT PRESSE

Djemila Benhabib

djemila.benhabib@laicite.net

Tel : 32 470 05 70 93 | 32 2 627 68 25

Retrait de la campagne pro-hijab du Conseil de l’Europe !

Mise à jour

Mise à jour : ce 3 novembre à midi, le site du Conseil de l’Europe a posté un message sur la page de la « campagne contre les discours de haine à l’encontre des musulmans », informant que les visuels allaient être revus . Une Première victoire et alors que la pétition des VigilantEs obtenait plus de 5000 signatures. Beaucoup de gens se sont mobilisés en Europe, le gouvernement français aussi … Mais, nous considérons qu’il faut rester en alerte ; en effet, annoncer que la présentation de la campagne va changer mais pas que la campagne va être supprimée n’est pas satisfaisant. Compte tenu de la nature de cette campagne, il faut rester mobilisé.es et continuer de signer la pétition. Cette affaire n’est pas close.

PÉTITION

CONSEIL DE L’EUROPE, METTEZ FIN À LA CAMPAGNE PRO-HIJAB #WECAN4HRS !

https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/conseil-europe-mettez-fin-campagne-pro/161774?source=twitter

via @mesopinions_com

Communiqué

Le Conseil de l’Europe est une organisation intergouvernementale qu’il ne faut pas confondre avec le Conseil de l’Union européenne ni avec le Conseil européen de l’Union Européenne. Son objectif principal est de promouvoir les droits de l’Homme, nous dirons Droits Humains, et pour ce faire, il s’est doté de la Convention européenne des droits de l’Homme et de la Cour européenne des droits de l’Homme pour la faire respecter. Les chefs d’Etat ont élargi son mandat politique en 1993 en décidant que ce Conseil serait « Le gardien de la sécurité démocratique fondée sur les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit ». C’est dire son importance. En résumé, c’est un peu la boussole juridique de l’Europe.

Sous le #WECAN4HRS le Conseil de l’Europe vient de lancer une campagne « The headscarf is part of me, it is part of my identity » ou en bon français : « Le foulard islamique fait partie de moi, il fait partie de mon identité ».

Le Conseil de l’Europe présente cette campagne comme un outil de lutte contre les discours haineux à l’encontre des musulmans.Des affiches vantent la beauté de la diversité et affirment que « la liberté est dans le hijab », d’autres prétendent « le hijab est mon choix », d’autres encore « qu’accepter le hijab c’est apporter la joie ».  Des kits vestimentaires présentent diverses possibilités de se vêtir mais toutes comportent un hijab, comme si lui, était dans tous les cas, obligatoire.

L’intention pourrait être louable. En effet, lutter contre la haine à l’égard des individus, fait bien partie des missions du Conseil de l’Europe. Mais avec cette campagne, il outrepasse dangereusement ses droits. Il va beaucoup plus loin qu’inciter à respecter des personnes et leurs choix religieux, il valide des règles qui sont celles d’un islam fondamentaliste. Les mots ont leur importance. « Le foulard islamique fait partie de moi, il fait partie de mon identité », cette phrase est lourde de sens. Une identité pour le Conseil de l’Europe ce n’est donc plus seulement un nom, une origine, une nationalité, mais aussi un accessoire religieux prôné par un islam rigoriste et bien entendu, porté exclusivement par des femmes.

Tout le monde le sait désormais, l’islam politique a consolidé son ancrage en Europe, et comme partout, y développe avec constance et efficacité, son emprise. Le fondamentalisme musulman impose aux femmes des injonctions sexistes qui relèvent d’un autre temps : elles doivent notamment échapper à la concupiscence des hommes en se voilant, sinon elles sont responsables de ce qu’elles provoquent.

Est-ce le rôle du Conseil de l’Europe que de valider les règles sexistes et rétrogrades d’un patriarcat religieux ? Dans le cadre de ses missions de respect des droits humains, le Conseil de l’Europe ne se doit-il pas de veiller à l’achèvement de l’égalité femmes-hommes ? Alors pour quelles raisons se fait-il le porte-parole d’un islam radical, archaïque et sexiste ? Ne sait-t-il pas le poids des traditions religieuses familiales qui pèsent sur les jeunes femmes ? Pourquoi va-t-il jusqu’à affirmer que le foulard islamique fait partie de leur identité, comme s’il s’agissait d’une greffe opérée à la naissance, d’un voile qui devrait nécessairement se trouver à vie sur la tête de toute femme de culture musulmane ? « Apporter la joie en acceptant le hijab » ? On croirait entendre un sermon ! Pas de salut sans le hijab en quelque sorte.

Alors qu’on aimerait voir des imams progressistes expliquer dans des mosquées que le hijab n’est en réalité pas préconisé par un islam éclairé, le Conseil de l’Europe en fait la promotion ! L’Europe doit avant tout veiller à l’émancipation des femmes et les y encourager. L’islam politique n’a nul besoin d’assistants, institutionnels qui plus est. Respecter des femmes voilées c’est une chose, les inciter à se conformer aux règles les plus radicales et sexistes de leur religion, c’est autre chose.

On se demande bien ce qui a pu justifier le lancement d’une telle campagne car malgré tout, et les statistiques sont constantes : malgré la montée de l’islamisme, de l’islam politique et des attentats islamistes, la haine à l’encontre des musulmans n’augmente pas. En revanche, on ne peut pas en dire autant de la haine envers les juifs. Les violences envers les personnes homosexuelles redoublent et ne parlons pas des violences sexistes et sexuelles.

Le Conseil de l’Europe n’est pas obligé de promouvoir le sexisme de l’islam politique pour faire campagne en faveur des droits des femmes musulmanes. Nous constatons qu’il fait un bien piètre rempart contre les coups de boutoir de l’islam politique. Comme « Gardien de la sécurité démocratique … et de l’état de droit », on fait mieux.

Aussi, nous, VigilantEs, demandons le retrait immédiat de cette campagne qui comporte des biais dangereux pour les droits et libertés des femmes en Europe, et en appelons à notre gouvernement pour qu’il fasse cesser cette promotion d’un apartheid sexiste.

Les VigilantEs

La campagne du Conseil de l’Europe : https://pjp-eu.coe.int/en/web/human-rights-speech/campaign-on-countering-anti-muslim-hate-speech?fbclid=IwAR0JMSjIFwy5jjY6umJPIpz5yC3XMGxk7568DzCpTQfZctRJJld-pE7Td98 

Les femmes, Zemmour et Pétain

L’échange du 25 octobre 2021 entre Zemmour et une habitante de Seine Saint-Denis organisé et diffusé par CNews nous a laissé perplexes, et quelque peu nauséeuses. Passons sur le rôle joué par CNews dans cette affaire.

Il lui a demandé d’enlever son voile, pour enlever sa cravate ; obéissant à son injonction,  elle a enlevé son voile, affirmant que simple bout de tissu, il n’avait rien de religieux.

En quoi le fait d’enlever son voile serait-il une preuve que ce dernier n’est qu’un bout de tissu, sans rien de religieux ? En quoi serait-ce une preuve qu’il n’est pas un instrument du patriarcat religieux ? Elle n’a rien prouvé du tout, le voile n’est pas un simple accessoire, il a une fonction bien précise : les femmes qui le portent seraient pudiques- contrairement aux autres, s’entend -, s’effaçant ainsi devant les hommes et leur regard concupiscent au nom d’injonctions religieuses patriarcales. Mais ce voile n’est pas greffé et peut se retirer.

Pour ajouter à la confusion, Mr Zemmour prétend qu’enlever le voile dans l’espace public est une preuve de respect de la laïcité. 

Pauvre laïcité qui chaque jour est redéfinie…. par… ses pires ennemis !

Rappel : la laïcité permet de porter le voile dans la rue, le voile, pas la burqa. On peut être pour ou contre, mais pour l’instant, il en est ainsi . Sauf à revisiter l’Histoire, la loi, et ré interpréter les textes comme ce sinistre personnage le fait souvent.

Il revisite la laïcité comme il affirme aussi que Pétain aurait protégé les français juifs et les aurait sauvés de la déportation. Suffisamment d’études et de recherches ont prouvé le contraire.

Nous VigilantEs, en tant que féministes laïques, considérons intéressant de nous pencher sur la politique de Pétain concernant les femmes.

Voici quelques-unes des lois prises par le gouvernement de Vichy à l’égard des femmes :

– octobre 1940, les femmes mariées sont exclues de la fonction publique, mises en congé sans solde si elles ont moins de 3 enfants.

– 2 avril 1941, la loi sur le divorce et la séparation de corps ajoute des restrictions au divorce.

– 15 février 1942, l’avortement est considéré comme un crime d’Etat et passible de la peine de mort.

Ainsi en va-t-il de la place des femmes dans la France de Vichy, une place conforme à la politique nataliste de Pétain : retour au foyer et assignation des femmes à la fonction reproductrice.

Ajouter à cela la répartition des rôles impartis selon le sexe, virilité pour les hommes, natalité pour les femmes, on obtient le credo du régime de Vichy. Tout compte fait,  bien peu de différences avec le credo de Zemmour, qui finalement n’a que 80 années de retard sur l’évolution de la société !

Quant à ses propos virilistes soutenant que « l’homme est un prédateur sexuel » et moquant les pères « qui s’occupent des enfants autant que les mamans », rien de nouveau non plus. Un discours éculé de l’extrême-droite à laquelle il sert de porte-voix.

Cependant et pas à une contradiction près, ce monsieur pleurniche régulièrement sur la « perte de virilité de l’homme ». Allons, Mr Zemmour, un homme viril ne devrait pas pleurnicher !

Les VigilantEs

Afghanistan, féministes universalistes mobilisées contre la barbarie intégriste

Soutien à la manifestation appelée par des associations féministes, samedi 28 août à 14h00 à Paris.

Depuis l’annonce du retrait des forces étrangères, puis les pourparlers de Doha au Qatar, le monde entier savait que la situation allait dégénérer en Afghanistan, sans pour autant s’affoler. Même si tout le monde a été pris de court par la manière dont les américains ont mené ce retrait, tout était prévisible, au premier chef, la situation catastrophique à laquelle allaient être confrontés les progressistes afghans, en particulier les femmes.

Depuis plus de deux ans, des féministes afghanes tentaient d’alerter en vain sur les conséquences pour les femmes, d’un gouvernement taliban soi-disant modéré ! On ne peut pas dire que grand monde s’en soit ému.

La France, qui s’est retirée de la coalition en 2012 avec François Hollande, a commencé à exfiltrer des Afghans en danger pour avoir aidé les forces françaises et défendu les Droits Humains dès le mois de mai dernier. Elle a aussi œuvré au sein de l’Europe pour tenter de coordonner des opérations d’exfiltration et pour établir une ligne de conduite à adopter face aux talibans. La présidente de la Commission Européenne a d’ailleurs fait une déclaration impeccable : « L’aide humanitaire doit continuer. Mais pas un seul euro d’aide au développement ne peut aller à un régime qui prive les femmes et les filles de leurs libertés et de leurs droits à l’éducation et au travail ».

Après les attentats terroristes de ces derniers jours à Kaboul,  la situation ne dépend évidemment plus ni de la France, sa diplomatie et volonté politique, ni de celle d’aucun autre pays occidental, mais des talibans et du groupe Etat islamique qui imposent déjà la terreur à Kaboul.

La France comme d’autres pays, est parvenue à exfiltrer une partie des afghans en danger, mais on le sait, des progressistes dont des femmes Afghanes, sont toujours sur place et ne pourront rejoindre pour l’instant, un pays libre. Cela risque de leur être fatal.

Comment retrouver très vite les conditions d’un pont aérien pour continuer d’exfiltrer celles et ceux qui doivent l’être  ? Qui peut le savoir aujourd’hui ? Confrontés à une situation de chaos dans laquelle tout le monde est impuissant à agir, manifester pour les femmes afghanes n’a pour l’instant que le sens de faire savoir aux femmes menacées et emmurées sur place, que le monde entier pense à elles et les soutient.

Pour cette raison, nous soutenons l’appel au rassemblement de nombre d’associations féministes, à Paris, samedi 28 août à 14h00. Et ce, même si nous aurions préféré que le rassemblement ne s’adresse pas au ministère des affaires étrangères qui a fait et continue de faire ce qu’il peut, mais plutôt aux responsables afghans. Nous ne sommes pas non plus favorables à un « droit d’asile inconditionnel » qui pourrait nous mettre tous en danger, à commencer par les afghan.es progressistes d’ailleurs, mais à un asile des personnes en danger pour avoir aidé la coalition, défendu les droits des femmes et plus généralement les Droits Humains, vécu librement, en s’affranchissant des contraintes imposées par les intégristes, et plus généralement toute personne menacée par les talibans pour des raisons politiques.

En tant que féministes universalistes, avant l’arrivée des talibans, nous étions déjà solidaires des femmes afghanes comme de toutes les femmes qui dans le monde, se battent pour leur émancipation. Ne jamais l’oublier, ne jamais céder, dans le monde entier, et même parfois chez nous en occident, des femmes sont confrontées au patriarcat religieux, à la charia. Voilà où mène l’intégrisme religieux, à la plus grande barbarie, en particulier pour les démocrates et les femmes.

Les VigilantEs

L’appel d’associations féministes, à Paris, samedi 28 août à 14h00

Nous sommes Mila !

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La banderole de la Marche des Fiertés 2021 et celle de la prochaine Marche contre les violences faites aux femmes devraient avoir pour slogan : Soutien à Mila, « la peur doit changer de camp »  !

Jeudi 3 juin devait avoir lieu à Paris, le procès des harceleurs de Mila. L’audience de renvoi se tiendra les 21 et 22 juin prochains, les avocats parvenant à faire valoir que la garde à vue des prévenus était irrégulière et même à soulever des questions préalables de constitutionnalité relatives à la loi de 2018 portant sur le délit de cyber-harcèlement.

Pendant ce temps-là, à son jeune âge, Mila vit depuis janvier 2020 sous protection policière. Victime de menaces de mort, elle a dû quitter son établissement scolaire, et vit cloîtrée. A-t-on jamais vu en France, une adolescente à ce point en danger ? Pourtant, aucune association féministe ni de défense des droits des gays et des lesbiennes ne s’est constituée partie civile à ses côtés.

Dans cette affaire, tout était pourtant réuni pour les mobiliser. Mila était une adolescente, maintenant une jeune femme qui ne fait pas de cas de son orientation sexuelle.

Les internautes l’ont harcelée avec des propos d’une rare violence misogyne et lesbophobe, en l’accusant « d’insulter notre dieu Allah, le seul et l’unique » et en lui souhaitant de « brûler en enfer ».

Les treize prévenus ont en commun de l’avoir cyber-harcelée avec un sexisme débridé et en proférant des menaces de mort où les armes blanches ont la vedette : « wsh j’suis sur que si j’met un coup d’bite à #Mila elle arrêtera de faire chier le monde cette mal baisée. », « Mila elle mérite la POMME [peine] de mort cette transsexuelle de merde », « Bon. enculer là fort qu’on en parle plus. mettez un coup de machette de ma part a cette grosse pute de #MILA », « Qu’elle nique sa mère la pute mila et qu’elle crève la bouche ouverte. », « Va bien te faire fourré sombre pute je te souhaite de mourir de la façon la plus atroce qui puisse exister et si jamais ça tarde. Je m’en chargerais moi-même. Je me ferais un réel plaisir de l’acéré ton corps avec mon plus beau couteau et d’aller laisser pourrir ton corps dans un bois [smiley qui sourit]. », « sale française, sale pute, sale gouine «   

Toutes les associations féministes de lutte contre les violences faites aux femmes auraient dû la soutenir avec force conviction, les associations LGBT aussi. S’il ne s’agit pas d’incitation au viol, au meurtre, à la haine la plus sordide, de quoi s’agit-il et à quoi cela peut-il servir d’avoir la faculté de se constituer partie civile, si dans une telle affaire, on ne l’utilise pas ?

Mila avait sur un réseau social rabroué un dragueur insistant en invoquant vertement Allah. Pas très subtil certes, mais il ne faut pas confondre critique des religions et des croyants, la liberté de critiquer les religions est parfaitement licite et relève de notre liberté d’expression. Le blasphème n’existe en droit français. En revanche, participer à un raid numérique, ne serait-ce qu’avec un seul tweet, est désormais punis de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Mila a subi un harcèlement massif de dizaines de milliers de tweets odieux allant jusqu’à la menace de viol et de mort. Ni l’éducation nationale, ni l’armée n’ont été capables de la maintenir dans une institution scolaire publique.

Les VigilantEs ont soutenu Mila depuis le début (1), mais nous sommes un réseau féministe et laïque, pas une association et ne pouvons-nous constituer partie civile. Interpellées par cet assourdissant silence, nous ne pouvons l’interpréter que comme une conséquence de la dérive des mouvements féministes et LGBT qui par peur d’être taxés d’islamophobie s’habituent à l’insupportable. Nous ne doutons pas de l’utilité des mouvements féministes et LGBT mais s’ils ne veulent passer à côté de l’essentiel, il est temps qu’ils se ressaisissent, interrogent leurs orientations et alliances,  rejettent tout relativisme culturel et se souviennent que la laïcité n’est pas tolérance envers les injonctions religieuses, mais séparation stricte des cultes et de l’état, liberté de croire ou ne pas croire, liberté d’expression y compris de critiquer, les religions.  Il y a un sérieux travail pédagogique à effectuer pour que les jeunes français à qui l’on vend la laïcité uniquement comme « tolérance envers les religions » partout, des programmes TV au verbatim associatif, cessent de se sentir investis de les protéger. Il faut cesser d’incriminer les victimes et remettre au centre du problème les agresseurs, la charge de la responsabilité de la violence leur incombe à eux seuls.  

Mila ne se taira pas, personne ne le doit, et surtout pas les associations de défense des droits des femmes, des LGBT et des droits humains, et jusqu’à ce que « la peur change de camp »

Les VigilantEs

Laïcité, contribuons aux Etats Généraux

Le ministère de l’Intérieur a lancé le 20 avril 2021 une consultation citoyenne en ligne, sur le thème de la laïcité au quotidien : « Comment la faire vivre ? « 

Pour participer c’est très facile, quelques clics et c’est parti ! Il suffit de s’inscrire en ligne et de faire des propositions dans des domaines tels que Liberté, Religions, Loi … Il est également possible de réagir aux contributions en donnant son avis.

Plus de 23 000 personnes ont déjà participé, et vous ?

Pour nous, la laïcité est indissociable du féminisme universaliste et des droits et libertés des femmes.

Vous aussi, vous y tenez à la laïcité, vous la considérez essentielle à l’organisation de la société française et à la vie en commun, mais vous la jugez menacée et pensez qu’elle doit être confortée, renforcée, alors faite-le savoir. Formulez des pistes d’amélioration, des solutions, dans les domaines qui vous intéressent. Votez pour les meilleures propositions. Faite-vous entendre !

Les VigilantEs

Le lien pour participer :

https://make.org/FR/consultation/etats-generaux-laicite/participate

8 Mars 2021 : Elles luttent et avancent

8 Mars 2021 : Place aux femmes luttant pour l’émancipation et l’égalité !

Depuis des années, le 8 mars est l’occasion pour les VigilantEs de rappeler les valeurs fondatrices du féminisme, et son inscription dans l’universalité des droits.

Alors qu’un certain « féminisme » cherche à enfermer les femmes dans leur culture d’origine, leur religion, voire même leur « race », nous choisissons de mettre en lumière des femmes, qui loin de tout déterminisme, loin de se résigner à s’enfermer dans le rôle de victime, se battent ou ont mené des combats déterminants pour faire avancer les droits des femmes, et ainsi les sociétés vers plus d’humanité et de justice.

Les échanges entre pays et cultures se sont accélérés, il doit en être de même pour l’émancipation des femmes.  Nous savons que faire avancer les droits des femmes ici, permet l’émancipation là-bas, et inversement.

C’est le sens de notre solidarité cette année pour le 8 mars 2021, journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Nous souhaitons mettre en lumière les avancées ci-dessous, la liste n’étant pas exhaustive :

  • Droits à l’IVG en Argentine

En 2020, les féministes argentines et leurs alliés, regroupées au sein de la coalition « Campagne Nationale pour le Droit à un Avortement Légal Sûr et Gratuit », ont réussi à obtenir le vote par le Congrès (Assemblée + Sénat) d’une loi autorisant l’avortement, et ce, malgré l’opposition du Vatican, de l’église catholique, et des évangéliques.

En 2018, une première étape avait été franchie à l’Assemblée mais le Sénat avait rejeté le texte. Alberto Fernandez, alors candidat à l’élection présidentielle, avait alors promis pendant sa campagne électorale de soumettre à nouveau la légalisation de l’IVG aux parlementaires. Une fois élu, le texte fut soumis au vote des parlementaires. Victoire et un espoir pour les femmes des pays d’Amérique latine.

  • Justice pour les esclaves sexuelles de l’armée impériale nippone

On les appelait « femmes de réconfort ». Dans les années 30 et 40 près de 200 000 jeunes filles, en majorité coréennes, ont été contraintes à se prostituer dans des maisons closes, au service de l’armée impériale nippone. Force est de constater que la colonisation s’accompagne souvent d’une forme d’esclavage sexuel des femmes.  Dans les années 90, féministes japonaises et coréennes s’élèvent ensemble contre le tourisme sexuel des cadres japonais en Corée. Elles remarquent alors que les lieux de prostitution se superposent avec ceux des anciennes « maisons de réconfort ». Suite aux centaines de manifestations demandant la reconnaissance officielle des « femmes de réconfort », une Fondation leur a été dédiée. Le 8 janvier 2021, 12 femmes ex-esclaves sexuelles, ont été reconnues victimes de « préjudice mental » par le tribunal de Séoul. Il reste une vingtaine de survivantes de cet esclavage sexuel.

  • Mutilations sexuelles féminines :

L’excision, fondée sur des traditions et des stéréotypes sexistes, reste une pratique de contrôle du corps des femmes des plus barbares. 200 millions de fillettes et femmes dans le monde l’ont subie. 

Au Soudan, les femmes ont été en 2018, à la pointe du combat qui a abouti à la chute du régime d’Oma Al-Bachir soutenu par les islamistes. Elles ont obtenu du nouveau gouvernement la criminalisation de l’excision. Mais dans un pays où 90% des femmes sont excisées, la loi, ne suffira pas. Par exemple, en Egypte où les mutilations génitales sont interdites depuis 2008, on compte encore 91% de femmes excisées. En France, où l’excision est criminalisée depuis 2006, l’excision touche encore les femmes migrantes ou exilées issues des pays où elle est une pratique courante. Le gouvernement a lancé avec les ONG et associations concernées un plan de lutte contre l’excision.

  • Port du voile : Masih Alinejad, porte-voix des iraniennes qui osent ôter leur hijab

En 2014, elle commence sa campagne contre le port obligatoire du foulard, en appelant les femmes à poster sur les réseaux sociaux des photos d’elles non voilées. Cette première campagne s’appellera « #MyStealthyFreedom » où l’on verra des centaines de femmes poser sans voile, au risque d’un emprisonnement dans l’Iran des mollahs. Puis viendra la campagne « #WhiteWednesdays » où l’on verra des femmes cheveux au vent, et portant un châle blanc au bout d’un bâton.  Et enfin la campagne vidéo « #MyCameraMyWeapon » où des femmes n’hésitent pas à affronter les gardiens et gardiennes de la révolution.  Aujourd’hui le compte Instagram de Masih Alinejad qui réside aux USA, compte 3 millions de followers. Elle soutient les femmes emprisonnées pour non-port du voile, dont Nasrin Sotoudeh.  Elle demande aussi aux femmes des gouvernements du monde entier de ne pas se voiler quand elles vont en Iran !

Remercions les joueuses allemandes de beach-volley d’avoir insisté pour jouer au Qatar dans leur tenue habituelle, le bikini.

  • Droit de conduire : Loujain Al-Hathloul icône de la lutte pour l’égalité femmes-hommes

A 31 ans, cette activiste féministe saoudienne, leader de la campagne « WomenToDrive », a obtenu la levée de l’interdiction de conduire pour les femmes.  En 2018, le monde entier « découvrait » via une vidéo virale, qu’en Arabie Saoudite, les femmes n’avaient pas le droit de conduire et que certaines osaient défier le pouvoir. Quelques mois plus tard, Loujain sera jetée en prison, puis condamnée par le tribunal antiterroriste du royaume saoudien.

Ce 10 février 2021, elle est sortie de prison, après avoir subi torture et harcèlement sexuel, mais reste sous liberté conditionnelle. Sa libération a été saluée par les féministes universalistes du monde entier, et aussi par les présidents Joe Biden et Emmanuel Macron. Les féministes saoudiennes demandent l’abrogation du système de tutelle masculine.

  • Inceste :

Il n’y a pas qu’en France que les violences de l’inceste défrayent la chronique, en Tunisie, la juriste Monia Ben Jémia se bat contre le tabou de l’inceste avec son livre « Les siestes du grand-père ». Elle enjoint toutes les victimes de l’inceste à parler malgré le poids des silences et secrets familiaux.

  • Mariage des enfants, violences conjugales et brûlures à l’acide :

Au Yemen, A-Anoud Hussein Chariane, mariée à 12 ans, répudiée à 16 et défigurée à l’acide par son ex-mari qui voulait la récupérer, aujourd’hui à l’âge de 19 ans attend des opérations pour tenter de réparer ce qui peut l’être. Elle a décidé dans un pays où la justice ne lui vient pas en aide, malgré tout de de porter plainte contre son tortionnaire et de solliciter l’aide des ONG.

  • Viol :

Au Soudan, le hashtag #ItsNotOkay s’est répandu massivement après un viol collectif très violent. Rayan Mohammed du collectif Soudanese Women Revolution demande au ministre de la justice de réviser la loi de 1991 sur les violences sexuelles pour que le viol soit reconnu comme un crime.

  • Harcèlement sexuel :

Au Koweït, des femmes ont lancé « Je ne me tairai pas » avec une campagne sur les réseaux sociaux. La blogueuse Ascia Al-Faraj a posté une vidéo qui a déclenché un mouvement dans tout le pays.

En Egypte, à l’instar de l’étudiante Zeina Amr Al-Dessoky, des jeunes femmes dénoncent le harcèlement de rue sur les réseaux sociaux. Zeina anime un compte Instagram sur le harcèlement de rue, endémique en Egypte.

  • Le combat des femmes kurdes contre l’EI :

Les documentaires sur les combattantes kurdes contre l’Etat Islamique et leurs victoires, ont frappé nos imaginaires féministes. Militantes pour l’égalité des droits, pour la parité politique, solidaires des femmes Yézidies réduites en esclavage sexuel, elles font figure d’héroïnes. N’oublions pas qu’elles continuent de se battre, armes à la main, pour leur liberté, contre les forces djihadistes mais aussi contre la Turquie d’Erdogan. C’est aussi pour notre liberté.

Un petit tour du monde des luttes féministes nous rappelle que les femmes du monde entier ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour gagner leur liberté et l’égalité et que la solidarité internationale doit être de mise.

Les VigilantEs

 

Projet de loi principes républicains et droits des femmes

Le podcast du débat animé par Emmanuel Laurentin « Le projet de loi sur les principes républicains fait-il avancer les droits des femmes ? » entre Christine Le Doaré, Ghada Hatem et Kaoutar Harchi sur France Culture dans le Temps du Débat mercredi 9 décembre 2020.

Où l’on comprend que des « feministes » ont d’autres agendas que la défense des droits des femmes, que leur émancipation.

https://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-du-debat/le-temps-du-debat-emission-du-mercredi-09-decembre-2020?fbclid=IwAR1wbtoPhIiMKdCTsnlyyTnIKmALCv3y9Sw0iYd4tu9BU1Nn-4p6iU4LnoY

Bonne écoute !

A l’issue de l’émission, Christine Le Doaré a souhaité rebondir et a déconstruit sur son blog dans un texte intitulé « Remballe ton féminationalisme ! » le discours actuel des « féministes » relativistes, racialistes, indigénistes. Et pour aller plus loin, vous y trouverez aussi une présentation détaillée de la loi.

Remballe ton féminationalisme !

Retour sur le débat sur France culture « Projet de loi principes républicains et droits des femmes »

« Le jour de la présentation du projet de loi du gouvernement sur le respect des principes républicains au Parlement, Emmanuel Laurentin proposait dans Le temps du débat sur France culture, un débat intitulé « Le Projet de loi sur les principes républicains fait-il avancer les droits des femmes ? ». Ghada Hatem obstétricienne et présidente de la Maison des Femmes de Saint-Denis, Kaoutar Harchi sociologue et moi-même juriste et militante féministe porte-parole des VigilantEs, étions invitées à débattre. L’émission était bien préparée et le temps de parole fut globalement bien réparti, pour une fois, les conditions du débat furent bonnes. Le panel choisi devait garantir un équilibre : une intervenante globalement favorable à la loi, une autre franchement opposée et la troisième devait se situer entre les deux. Je vous laisse écouter le podcast si vous avez manqué le direct et en juger par vous-même mais en ce qui me concerne, j’ai tout de même eu nettement le sentiment que nous étions deux contre une.

Ce qui m’a étonnée d’emblée c’est que les deux intervenantes autant que le journaliste ont éludé les motivations qui prévalent au projet de loi, comme si le danger islamiste auquel nous étions confrontés n’existait pas. Parler d’un projet de loi en esquivant le contexte dans lequel il s’inscrit est tout de même troublant.

Quand j’entends et lis la sociologue Kaoutar Harchi, je l’associe à la mouvance relativiste, indigéniste et anticolonialiste.  Ghada Hatem quant à elle se présente comme universaliste mais se réfugie le plus souvent derrière son expérience du quotidien. J’ai trouvé un peu court le fait de se contenter de présenter un témoignage alors qu’il est question d’un projet de société, et quelque peu cynique de conclure en affirmant que cette loi ne sert à rien sans avoir apporter le moindre argument féministe et politique.

Si j’ai apprécié le calme contenu du débat, tenu mon cap et pu développer quelques arguments, j’ai tout de même trouvé pénible d’intervenir face à une relativiste qui construit artificiellement un discours à coups de contrevérités enrobant le tout dans un verbiage aussi prétentieux que creux. Et surtout, je regrette de n’avoir pas eu le temps de mieux contrer l’arnaque sémantique présentée par Kaoutar Harchi sous le terme de « féminationalisme ».

Jamais à court de manipulation, les relativistes cherchent désormais à décrédibiliser les féministes universalistes qui travaillent sur les droits des femmes, avec des institutions républicaines.  Ce terme de « féminationalisme » signifie que l’état ne peut être à l’initiative d’aucune bonne mesure en matière de droits et de libertés des femmes, d’égalité femmes-hommes. C’est logique puisque l’état selon ces relativistes est pourri, xénophobe et génère des discriminations. Après le « racisme d’état », nous voici avec un « sexisme d’état » !  On aurait dû la voir venir celle-ci !

Ce terme de « féminationalisme » est une énorme arnaque sémantique, c’est surtout la manifestation d’une haine insensée envers nos institutions républicaines et l’état français. Il y a du racisme, de l’antisémitisme, de l’homophobie, du sexisme en France, des racistes, des xénophobes, des homophobes, des sexistes … mais l’état condamne ces haines, il prend des lois pour les punir, adopte des dispositifs de prévention et d’éducation pour les combattre. Il peut faire plus et mieux mais il n’est pas à l’origine de ces haines. Les femmes qui vivent dans les pays où la religion fait loi souffrent d’une oppression sans nom, mais c’est en France que nous serions en but à un sexisme d’état, mais bien sûr !

… »

la suite ici :

https://christineld75.wordpress.com/2020/12/13/remballe-ton-feminationalisme/

Tribune collective féministe universaliste 25 novembre

Pour le 25 novembre 2020, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, une Tribune collective, initiée par les VigilantEs, enrichie et signée par des féministes universalistes Françaises, Belges et Québécoises : « L’éradication des violences faites aux femmes reste un enjeu démocratique majeur ».

La Tribune est parue simultanément dans les trois pays.

France :

https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/nous-feministes-universalistes-et-laiques-appelons-a-lutter-sans-relache-pour-une-societe-ou-leradication-des-violences-a-lencontre-des-femmes-et-legalite-des-droits?fbclid=IwAR0_79t8Kowi0r_717bBaR1w4–PBDT9sdMyzHX0p51IyFGbmXhZHEOcEcU

Belgique :

https://www.lecho.be/economie-politique/international/general/l-eradication-des-violences-faites-aux-femmes-reste-un-enjeu-democratique-majeur/10267284.html

Québec :

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/590356/l-eradication-des-violences-faites-aux-femmes-doit-etre-une-priorite

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