Le rapport aux femmes, un indice de radicalisation qui ne trompe pas.

photo secouristes pour article blog VigilantesMickaël Harpon est un homme bien intégré puisque marié, père de famille et fonctionnaire de police habilité Secret Défense, à la Direction du Renseignement dans un service, dont une des missions consiste à recueillir des informations sur la radicalisation djihadiste. Au sein même de la préfecture de police de Paris, cet homme a tué, le jeudi 3 octobre 2019, quatre fonctionnaires de police 3 hommes et une femme dont sa supérieure hiérarchique, et a blessé une cinquième fonctionnaire. Les meurtres ont été d’une extrême violence, l’une des victimes au moins, a été égorgée. Sa supérieure hiérarchique ? Pour l’instant les informations sont un peu confuses, l’enquête est en cours.

Jeudi soir, pas de saisine du Parquet antiterroriste. Vendredi en fin d’après-midi, l’antiterrorisme se saisit de l’enquête, comprenant que l’individu qui s’était converti à l’islam dix ans plus tôt, était en contact avec la mouvance islamiste salafiste. En effet,  il fréquentait la mosquée de Gonesse qui fut dirigée par un imam fiché S. En outre, Mickaël Harpon avait «justifié les attentats de Charlie Hebdo» ce qui lui avait valu un signalement (un procès-verbal d’un fonctionnaire de la P.P rapportant des “propos ambigus”) ; il approuvait «certaines exactions commises au nom de l’islam» ; il avait manifesté «son souhait de ne plus avoir certains contacts avec des femmes» et avait «changé d’habitude vestimentaire depuis quelques mois».

Nous ne tarderons pas à apprendre également qu’il avait fait l’objet d’une procédure pour violences conjugales en 2009.

Un profil, bien chargé.

 Il faudra un jour nous expliquer en quoi la conversion à l’islam radical donne des visions et fait entendre des voix à ses adeptes. Il faudra aussi nous expliquer pourquoi la femme de M. Harpon qui a reçu le matin de l’attaque 33 SMS dont «suis notre prophète bien-aimé Muhammad et médite le Coran» et «Allahou akbar» n’est à priori pas inculpée pour complicité alors qu’elle n’a pas prévenu les autorités. Mais l’enquête est en cours, rien n’est définitif.

 Ce qui est troublant c’est que les autorités, ministre de l’intérieur en tête, comme les syndicats de police d’ailleurs, nous ont présenté «un fonctionnaire modèle sans difficulté comportementale», qui «n’était pas connu pour un quelconque signalement» et ont parlé de «l’acte de folie» d’un homme qui souffrait de surdité et était incompris de la hiérarchie. Ensuite nous avons eu droit aux reportages habituels sur un «voisin très discret et serviable», comme si les terroristes passaient leurs loisirs à égorger les enfants du voisinage !

 Bien évidemment, nous nous interrogeons comme tout le monde sur tous les dysfonctionnements que révèle cette dramatique attaque.

–  Pourquoi un tel délai avant que le Parquet antiterroriste ne se saisisse de l’enquête, et ce malgré un égorgement, mode opératoire signé ; un signalement en 2015 ; et des liens manifestes avec la mouvance salafiste ?

– Pourquoi de telles failles de sécurité dans les administrations/services publics, en particulier les services de police et de renseignement ? M.Harpon, habilité Secret Défense avait accès aux données sensibles de la lutte antiterroriste et détenait une clé USB avec toutes les adresses de ses collègues. Les services de renseignement ont été restructurés mais les auditions de la mission parlementaire sur «les services publics face à la radicalisation» sont terrifiantes. 

 Mais ce qui nous interpelle le plus encore, c’est l’aveuglement devant des signes de radicalisation qui ne trompent pas : une forme de misogynie religieuse qui se manifeste par le rejet de collègues et en particulier, d’une hiérarchie féminine. Le fait de ne pas saluer les femmes, de refuser de leur serrer la main et d’avoir à faire à elles est un signe d’adhésion à un islam rigoriste. Les relations avec les femmes sont des indices de radicalisation qui ne doivent pas être négligés. Et si l’on creusait les profils des djihadistes, comme dans le cas de M. Harpon, on trouverait probablement une prévalence de violences conjugales. Etant donné la place des femmes dans l’islam politique, ce n’est guère surprenant.  Nous avons encore en mémoire  les prêches d’une violence inouïe envers les femmes de la part d’imams salafistes, islamistes, fréristes ou wahhabites. Nous savons les codes vestimentaires qui leur sont dévolus pour visibiliser la progression de l’islam politique dans la sphère publique.

Dans le cas de M. Harpon, un faisceau d’indices indiquait clairement son adhésion à l’islam politique.  Cette doctrine met en danger nos libertés démocratiques, et particulièrement celles des femmes. Concours de circonstances : au moment même de l’acte terroriste à la Préfecture de Paris, se déroulait au Palais de Justice de Paris le procès des accusées de l’attentat raté aux bonbonnes de gaz à Notre Dame (2016). Preuve s’il en est que malheureusement, des femmes adhèrent aussi activement à cette idéologie mortifère, et qu’il ne faut pas les sous-estimer.

Les VigilantEs