Bérénice, Eugénie, n’enterrez pas le féminisme, il est plus utile que jamais !

acbd61059080b5651938ecc2c0e91391Le FigaroVox a publié le 8 mars 2016, un entretien entre Eugénie Bastié, journaliste, et Bérénice Levet, auteure d’un essai « La théorie du genre » préfacé par Michel Onfray.

Que le FigaroVox se livre au « féminisme bashing », un 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, soit.

Mais, nous avons remarqué avec inquiétude, que des personnalités de gauche appréciaient et relayaient cet entretien sur les réseaux sociaux. Un peu comme si l’idée que les luttes féministes n’avaient plus lieu d’être, les rassurait.

D’autant que cet article fait la part belle aux thèses les plus rétrogrades sur le rôle des femmes dans la famille, thèses notamment portées par les tenants de la Manif pour Tous et les intégristes de toute religion.

Aussi nous souhaitons rappeler :

  • La domination masculine sévit toujours et ne se rencontre pas « exclusivement dans les  territoires perdus de la République » : sur tout le territoire national on constate inégalités salariales, limitations de la contraception et de l’IVG, violences conjugales, violences sexuelles, prostitution et meurtres. Dans les « territoires perdus de la République » on dénombre plus de relégation et enfermement des femmes, interdictions de contraception et IVG, mariages forcés, excisions…
  • De nombreuses féministes ont dénoncé les agressions sexuelles de masse à Cologne. Elles ont analysé ces agressions comme une forme de terrorisme sexuel, lié au salafisme, dans un contexte où les islamistes appellent à exclure les femmes de l’espace public.

Nos pensées vont aux  femmes et aux féministes qui se battent dans les territoires dominés par les intégrismes religieux, là où elles en paient le prix fort.

Nous affirmons que le féminisme, qui a pour horizon l’émancipation des femmes, est un combat d’actualité, en France, en Europe et partout dans le monde, n’en déplaise au FigaroVox et à toutes celles et ceux qui voudraient un peu trop vite, faire du féminisme universel et laïc, un combat d’arrière-garde.

 

 

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Lancement du réseau les VigilantEs

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Considérant :

  • que les atteintes aux droits et libertés des femmes sont sous-évaluées alors qu’elles sont souvent au centre des tensions et conflits communautaires qui déchirent notre pays,
  • que la domination masculine est universelle, n’en déplaise aux tenants du relativisme culturel, même si elle n’a pas partout le même degré de violence,
  • que le clientélisme politique au lieu d’apporter la paix sociale,  porte un grave préjudice à l’intérêt général,
  • que les forces laïques existantes ne semblent pas vouloir prendre la mesure des dangers spécifiques qui pèsent sur les femmes,

nous affirmons que face aux intégrismes religieux qui visent à entraver les libertés des personnes et particulièrement celles des femmes, la laïcité est un rempart, à condition que les revendications féministes soient au cœur d’un projet de société progressiste, laïc et républicain.

Ce réseau de vigilance a pour objet d’informer,  de mobiliser et de peser dans les débats relatifs à la laïcité pour que les revendications féministes ne soient pas enterrées.

La charte qui nous rassemble est sur notre blog « Les vigilantEs » https://vigilantes2015.wordpress.com/

Rejoignez-nous !

Les fondatrices : Christine Le Doaré, Agnès Setton, Arlette Zilberg et toutEs les autres

Porte-parole :

Christine Le Doaré : cledoare@noos.fr

Arlette Zilberg : arlette20@orange.fr

CHARTE des VigilantEs

Egalité, Emancipation, Laïcité 

 

Les droits et libertés des êtres humains, à fortiori des femmes, ne sont garantis que par des systèmes démocratiques.

Notre République laïque est certes imparfaite, mais elle est indéniablement porteuse de valeurs d’égalité et d’émancipation,  quand elle organise la séparation des affaires religieuses et citoyennes.

Les  religions, en cimentant le patriarcat, justifient la domination masculine et la répression des minorités sexuelles.  Elles ont évolué différemment à travers les siècles, mais, avec plus ou moins de détermination et de succès, elles induisent une soumission des femmes, leur instrumentalisation et plus encore,  le contrôle de leurs corps.

Il est impératif pour la démocratie, que les religions ne s’immiscent pas dans les affaires politiques et sociales de notre République, à fortiori sous leur forme radicale. Tous les intégrismes religieux sont des obscurantismes dangereux pour les femmes et la démocratie.

Les petites et grandes lâchetés, le clientélisme et les calculs électoralistes, le manque de courage et de rigueur intellectuelle n’ont fait que renforcer la montée de l’islamisme et de l’extrême droite.

Les crises économiques et environnementales ont engendré une crise des valeurs, instrumentalisée par des mouvements politico-religieux qui répondent qu’ils sont la solution. Ces mouvements idéologiques engendrent  des propagandes fondamentalistes qui font le lit du terrorisme partout dans le monde.

Qui peut encore minimiser les attaques du radicalisme religieux ?

Lorsqu’elles émanent des religions chrétiennes et juives, elles sont dénoncées et combattues par l’ensemble des forces démocratiques, de manière quasi unanime.

Lorsqu’elles émanent de courants musulmans, il se trouve des groupes, des politiques, pour les justifier au prétexte que l’Islam serait « la religion des opprimés de la colonisation ». Le salafisme s’est implanté depuis plus de vingt ans en France. Quiétiste ou pas, cet obscurantisme est dangereux pour les femmes et la démocratie.

L’affaire du Salon musulman de Pontoise, censé mettre « la femme musulmane à l’honneur »,  nous a aidé-es à mesurer la gravité de la situation. Une réunion publique où des prédicateurs, connus pour défendre le statut inférieur des femmes et appeler au viol conjugal, peuvent en toute impunité, tenir des discours moyenâgeux quant au rôle de la femme, n’est pas acceptable sur le territoire de la République. Les coups et menaces de viol et de mort proférés à l’encontre des FEMEN venues exprimer leur colère, révèlent le climat d’une extrême violence de ce type de réunion.

Après les attentats de Charlie Hebdo, de Tunisie, de Paris, Beyrouth, Tel Aviv, Bamako, Bruxelles, Ouagadougou et partout dans le monde, nous ne tolèrerons plus la moindre complaisance.

Nous, féministes laïques et nos alliés, décidons de nous organiser et de créer un réseau pour résister à la montée des intégrismes religieux obscurantistes et misogynes, d’où qu’ils viennent.

Nous refusons la domination masculine, les discriminations et violences de genre de toute nature, l’effacement, l’enfermement des femmes sous une tutelle. Nous revendiquons un féminisme universel et solidaire.

Nous réagirons et mobiliserons à chaque fois et tant que cela sera nécessaire.

Les fondatrices : Christine Le Doaré, Agnès Setton, Arlette Zilberg et toutEs les autres

Porte-parole :

Christine Le Doaré : cledoare@noos.fr

Arlette Zilberg : arlette20@orange.fr

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