Merci Marceline

640_marceline_loridan-ivens_maxnewsworldfour005355Les VigilantEs s’associent aux hommages rendus à Marceline Loridan-Ivens, cinéaste et écrivaine, rebelle et combattante toujours.

Rescapée d’Auschwitz-Birkenau et des marches de la mort, amie indéfectible de Simone Veil, elle a porté jusqu’à ses derniers jours, sa voix contre le racisme et l’antisémitisme, d’où qu’ils viennent.

Signataire du manifeste des 343, c’était une féministe universaliste de la première heure.

Nous veillerons à perpétuer son combat pour les valeurs universelles du féminisme et de la laïcité.

Les VigilantEs

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Menaces et exclusions au Congrès féministe universitaire CIRFF

acbd61059080b5651938ecc2c0e91391Le 8ème Congrès international des recherches féministes dans la francophonie CIRFF se tient à l’université de Paris Nanterre du 27 au 31 août 2018. Dans le cadre de ce congrès, l’Institut Emile du Châtelet, IEC, avait proposé un Café-débat intitulé « Conditions et contours d’un féminisme universaliste ». 

Ce café figurait donc et figure toujours dans le programme du congrès qui compte un nombre pléthorique d’interventions. Le Programme du congrès : https://cirff2018.parisnanterre.fr/

                             

Pourtant, les Comité d’organisation et scientifique du CIRFF ont pris la décision de déprogrammer ce Café-débat, après que des pressions et même menaces aient été exercées pour que les deux féministes universalistes, Fatiha Boudjahlat auteure de « Le Grand détournement » et Christine Le Doaré co-fondatrice et l’une des porte-parole des VigilantEs, ne puissent s’exprimer. 

Cette décision, n’a pas été suffisamment contestée par la présidente de l’Institut Emilie du Châtelet qui l’a entérinée alors même qu’elle se qualifie aussi de féministe universaliste. La présidente de l’IEC prise dans la tourmente finira par démissionner.  

Ceci démontre à quel point les « nouveaux féminismes » (racialiste, indigéniste, islamique, afro, post-colonial etc.) sont virulents à l’encontre du féminisme historique universaliste. Ces « nouveaux féminismes » ont la main mise sur les milieux universitaires et les études de genre, en particulier depuis que ces dernières ont détrôné les études féministes. 

 

Fatiha Boudjahlat dérange parce qu’elle contredit et s’insurge contre la notion de féminisme « blanc », ne cautionne pas les dérives racialistes qui divisent les mouvements sociaux et politiques et pourfend sans relâche les ennemi.e.s de la laïcité.

Christine Le Doaré dérange parce que féministe universaliste de longue date et ancienne porte-parole du Mouvement LGBT elle a toujours défendu le féminisme universaliste, solidaire et sans frontière d’aucune sorte, car les femmes du monde entier subissent des discriminations et violences communes ; d’autres, plus spécifiques se surajoutent. Elle a toujours affirmé que diviser les femmes en communautés, fonction de leur couleur, ethnie, religion, etc. ne sert que le système patriarcal et retarde l’émancipation globale des femmes, l’égalité femmes-hommes. 

Mais il n’est pas juste de dire que « LE féminisme universaliste a été censuré ». En effet, si les deux intervenantes déprogrammées s’en revendiquent, fort heureusement elles ne sont pas les seules, et il serait bien trop fastidieux d’en dresser une liste.

 

Les prétextes mis en avant par les Comités d’organisation et scientifique du CIRFF pour justifier leur censure sont : 

  • Un tweet humoristique de Fatiha Boudjahlat répondant à Rokhaya Diallo qui expliquait que le  port du voile permettait aux femmes de ne plus être à disposition des hommes ;  comme si disparaître sous une tenue islamique (ou autre d’ailleurs), était le seul moyen pour les femmes de ne plus être considérées comme des proies. Et pourquoi ne pas lutter pour que les hommes se comportent décemment, et pourquoi ne pas viser l’égalité femmes-hommes ? Que des universitaires puissent utiliser un tel argument est proprement indigne. De toute façon, ceci n’éclaire en rien la censure exercée dans la foulée, à l’encontre de Christine Le Doaré.
  • La présence dans ce Café-débat de deux intervenantes identifiées comme féministes universalistes. D’autres tables rondes, ateliers, interventions, etc.  seront tenues par des personnes de la même orientation ; Christine Le Doaré et Fatiha Boudjahlat n’ont pas les mêmes expériences, ne sont pas issues des mêmes milieux militants ni professionnels ; un temps de débat était prévu avec le public.  Cet argument est donc tout aussi fallacieux. 

 

La vraie raison de cette censure ne serait-elle pas qu’il fallait effacer ces personnalités qui osent s’opposer aux égéries médiatiques des courants politico-intellectuels qui ont construit la théorie du racisme d’Etat et l’ont imposée dans certaines universités françaises ? Nous savons combien certain.e.s universitaires ont payé cher dans leurs carrières, leur défense de l’universalisme et de la laïcité.

Les Comités d’organisation et scientifique du CIRFF ont fait d’une pierre deux coups en évinçant des féministes ET laïques, ce qui s’apparente à un vulgaire règlement de compte politique.

Cette censure marquera d’un tache indélébile ce rendez-vous qu’est le CIRFF, et qui de congrès en congrès depuis 1996, a adoubé cette ligne politique dévastatrice pour les droits de femmes : la convergence des luttes avec des courants dont les objectifs sont bien éloignés du féminisme, de l’émancipation des femmes et de l’égalité Femmes-Hommes.

Les financeurs (L’INED, le CNRS, l’ANEF, la Mairie de Paris, des Universités, l’Organisation internationale de la Francophonie, etc.) devront prendre leurs responsabilités. Peuvent-ils cautionner par leur financement un « féminisme » plutôt qu’un autre, l’absence de pluralisme dans les orientations de ce congrès, son sectarisme et maintenant la censure ? 

 

De telles pratiques sont antinomiques avec les principes de base de la recherche et de la démarche scientifique, elles s’apparenteraient plutôt à une forme de stalinisme revival !

Les VigilantEs

 

Pour plus d’informations :

1er anniversaire de la révolution des iraniennes dévoilées !

Associations féministes françaises, pourquoi, en majorité, ignorez-vous les courageuses iraniennes dévoilées ?

Un an déjà que des iraniennes se battent contre le port obligatoire du hijab en Iran. Elles prennent tous les risques pour tenter de se libérer du joug religieux et patriarcal qui les opprime. 

Elles sont inquiétées, menacées, agressées, emprisonnées dans un quasi silence occidental. La plupart des associations féministes les ignorent et préfèrent s’intéresser aux « nouveaux féminismes » identitaires, communautaires, indigénistes et autres  qui trouvent tous les moyens de nous vendre le port du voile islamique, comme s’il s’agissait d’un progrès, d’une libération !

Ces femmes iraniennes les « Girls of the street revolution « inspirées par Vida Movahed, la première femme iranienne à avoir brandi un voile blanc juchée sur une armoire électrique, se battent avec courage pour leur émancipation, aussi pour les femmes du monde entier, alors que les mouvements féministes occidentaux ne les soutiennent pas ou si peu. C’est une faute que l’histoire n’oubliera pas.

Le Code pénal iranien par son article 638 condamne d’une peine de dix jours à deux mois d’emprisonnement les femmes qui ne portent pas de voile islamique dans l’espace public. Des dizaines de femmes ont été arrêtées et détenues ; plusieurs comme Maryam Shariatmadari et Shaparak Shajarizadeh sont emprisonnées. 

Pourtant, sans faillir et malgré tous les risques encourus, des iraniennes rejoignent chaque mercredi #MyStealthyFreedom et les autres jours #WalkingUnveiled,  lancés par la journaliste iranienne Massih Alinejad,  en postant les photos et vidéos de leur apparition tête nue, dans l’espace public. 

Les VigilantEs, à l’instar d’autres militant.e.s laïques et féministes universalistes soutiennent les « filles de la révolution de rue »  qui luttent contre l’obscurantisme politico-religieux, pour l’émancipation des femmes et pour l’égalité femmes-hommes. Nous appelons les mouvements féministes à se mobiliser pour organiser un soutien international indispensable face à la brutalité des milices de vertu et des « gardiens de la révolution », face à l’arbitraire des mollahs, ayatollahs et des juges iraniens.

#MyStealthyFreedom
#WhiteWednesdays
#WalkingUnveiled 
Les VigilantEs

 

Transcription intervention des VigilantEs à « Toujours Charlie ! »

Laurent Bouvet – Printemps Républicain, Inna Shevchenko des Femen, Christine Le Doaré des VigilantEs

Les VigilantEs ont participé à la Journée « Toujours Charlie » organisée aux Folise Bergères par le Printemps Républicain, Le Comité Laïcité République et la LICRA,  le samedi 6 janvier 2018.

Avec Inna Shevchenko des FEMEN et Émilie Frèche écrivaine, Christine Le Doaré, l’un des portes paroles des Vigilantes, ont formé la table ronde : « Des féministes toujours Charlie ! »

Ci-dessous, une retranscription assez fidèle des propos tenus par Christine pour les Vigilantes :

Les VigilantE,  présentation

« Lors du 8 mars 2015, Journée Internationale de lutte pour les Droits des Femmes, avec des féministes historiques, nous avons organisé le soutien de Frédérique Calendra. La Maire du 20ème refusait qu’au nom de la Mairie soient proposés des évènements ne donnant la parole qu’à des personnalités ou groupes relativistes, racialistes proches du PIR telles que Christine Delphy, Rockaya Diallo, etc.

A cette occasion nous avons mesuré la nécessité de disposer d’un réseau pour amplifier une parole féministe universaliste, nous avons alors lancé les VigilantEs. Nous animons notamment un blog du même nom, et sommes actives sur les réseaux sociaux.

Comme beaucoup, nous faisions le constat :

  • De l’ampleur des replis identitaires et communautaires, de la montée des intégrismes religieux, toujours dangereux pour les libertés, les droits humains, en particulier des femmes.
  • Du dévoiement des fondamentaux du féminisme par de nouveaux groupes qui se prétendent « féministes » alors qu’ils ne font que relativiser et aménager l’oppression des femmes, selon des principes culturels et religieux archaïques et patriarcaux.

Féministes laïques et universalistes, nous sommes solidaires des femmes du monde entier, en particulier de celles qui se battent contre le fondamentalisme islamique et en payent le prix fort.

Nos « féministes relativistes » les ignorent, par exemple, elles sont muettes face au « WhiteWednesday » des femmes iraniennes qui chaque mercredi, au péril de leur vie, affichent un voile blanc. J’en profite pour préciser que les médias occidentaux ont crié victoire un peu vite, en relayant l’information que les femmes iraniennes qui ne portent plus le Hijab correctement ne seraient plus emprisonnées, certes, néanmoins elles seront forcées de suivre des cours islamiques, le port du hijab reste donc bien une obligation en Iran.

Pourquoi les VigilantEs sont-elles Charlie ?

« Il y a eu des voix de féministes parmi celles qui se sont élevées pour dire « Je ne suis pas Charlie… ». Elles ont prétendu que Charlie Hebdo était sexiste, raciste et « islamophobe ».

Alors,  sexiste Charlie ? Parfois peut-être. Dans une société en prise à la domination masculine, tout le monde peut se surprendre à l’être.

Mais l’engagement de Charlie contre l’exploitation des femmes (prostitution/GPA), contre le sexisme des religions et des traditions (excision, mariage forcé, des mineures,…), contre le voile islamique symbole de  soumission, marqueur d’un apartheid genré, tout ceci, en fait un allié incontestable des féministes.

Nous y lisons régulièrement des textes en faveur de l’émancipation des femmes, nous avons adoré le dessin de Charb en réponse aux 343 salauds !

 

 

 

Les Unes sur la liberté d’avorter, la fête des mères « Vive la pilule », la GPA – un couple et une esclave,

 

 

 

 

ne nous ont pas échappé non plus et nous savions notamment Charb et Gérard Biard pro-féministes et abolitionnistes de la prostitution.

Les religions et leurs adeptes ne sont pas opprimés en France ni en Europe ; en revanche, les religions servent toujours à contrôler les femmes, restreindre leur liberté, droits reproductifs et sexuels, ce qui pour les féministes universalistes que nous sommes, constitue un  problème majeur dans une République qui vise l’égalité entre les femmes et les hommes.

 

 

 

Les terroristes islamistes sont des ultra-machistes, sont ce que les sociétés patriarcales produisent de pire. Pourtant, de prétendues féministes n’ont pas hésité à signer un texte « Je ne suis pas Charlie ». Dans ces conditions, il n’est pas étonnant qu’elles relativisent les viols de Cologne et pensent à élargir les trottoirs de la Chapelle pour empêcher les agressions sexistes et sexuelles !

Les courageux humoristes de Charlie ont jusqu’au bout tenu à remplir leur mission d’aiguillon des consciences et parce que nous VigilantEs, sommes des féministes laïques et universalistes, nous sommes et serons toujours Charlie !  »

 

Le lien pour revoir l’intervention de Christine Le Doaré des VigilantEs :

https://www.pscp.tv/w/bSdf8jFZTEVKbmdka3pZRU58MWt2S3BrWHlvd1F4RfJQw_mw-97AtS85N-rH4DDJtA2WxgNd2VZ2md88FxRL

Le Lien pour revoir toutes les vidéos de la journée :

https://www.facebook.com/ToujoursCharlie/

 

 

 

 

PODCAST « DÉBAT DU JOUR » Un féminisme ou des féminismes ?

Pour écouter le débat auquel participait les VigilantEs :

http://www.rfi.fr/emission/20160929-feminisme-feminismes?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=twitter&ns_mchannel=social&ns_linkname=emission&aef_campaign_ref=partage_user&aef_campaign_date=2016-09-29

« La polémique sur le burkini a occupé l’espace médiatique tout le mois d’août. Outre la question de l’interdiction de ce maillot de bain intégral, de la médiatisation du phénomène, la polémique a aussi posé la question de la place de la femme dans l’espace public. Comme le voile, le maillot de bain intégral a donc poussé des militantes des droits de la femme à se questionner, se positionner, et toutes n’ont pas eu la même réponse.

Pour en débattre

– Chahla Chafiq, écrivaine et sociologue iranienne – Dernier ouvrage, «Demande au miroir», Éditions L’Âge d’Homme, 2015

– Christine Le Doaré, féministe, juriste et blogueuse – Co-fondatrice du réseau féministe et laïque « Les vigilantes »

– Hanane Karimi, féministe musulmane, doctorante en Sciences sociales à l’Université de Strasbourg. »