Burkini, à Rennes on nage en eaux troubles !

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Le modernisme à l’épreuve du conservatisme religieux cède du terrain un peu partout et dans tous les domaines. L’affaire du burkini autorisé dans les piscines municipales Rennaises fait couler non pas beaucoup d’eau mais d’encre parce qu’elle illustre parfaitement la montée des injonctions religieuses intégristes et la manière dont les politiques y font face.

A priori on ne nage pas tout.e habillé.e dans les piscines, et plus le slip/maillot de bains est court et moulant, mieux on glisse dans l’eau, ce qui est tout de même le but recherché à la piscine. Question hygiène, plus le corps est dénudé, plus la douche préalable est efficace ; question écologie, moins il y a de tissu, plus la douche est courte et l’eau économisée.

Mais à Rennes, ni l’hygiène, ni l’écologie ne sont des priorités ; il faut répondre favorablement aux revendications religieuses et communautaires musulmanes et autoriser le port du burkini en piscine.

La question du burkini avait défrayée la chronique en 2015, à l’occasion nous avions déjà réagi et préparé une revue de presse qu’il faut de nouveau consulter pour comprendre quels sont les réels enjeux car à l’évidence, il ne s’agit pas de libre choix ni du simple droit de se vêtir comme on l’entend (*1.)

Les islamistes, comme tous les intégristes ne se lassent jamais. Ils remettent éternellement l’ouvrage sur la table, ça ne passe pas en 2015, ça passera plus tard.

Une fois de plus des politiques nous placent devant le fait accompli, par stratégie électoraliste, ils se montrent complaisants avec les exigences religieuses. Ce comportement est irresponsable, dangereux même et voici pourquoi selon nous :

– le burkini, au même titre que le voile et tout autre vêtement islamique exclusivement réservé aux femmes, est l’étendard d’une idéologie politico-religieuse, l’islamisme, qui commence par soumettre les femmes considérées comme inférieures. Celles qui ne se soumettent pas sont considérées comme impures. Valider le port du burkini, c’est se soumettre à la stratégie des petits pas des islamistes dont la stratégie politique est de contester les valeurs de la République et s’imposer. 

– l’intérêt général requiert de protéger chez nous les femmes et filles issues de familles musulmanes de la pression des islamistes. En autorisant le port du burkini, les autorités ne protègent plus celles qui ne souhaitent pas porter de vêtements religieux et pouvaient jusqu’alors compter sur règlements et lois pour s’en prévaloir. Ce sont les autorités qui par leur complaisance et même complicité, les vouent aux gémonies des islamistes. C’est un comble !

– la question du burkini relève du droit des femmes, de l’égalité femmes-hommes. Comment accepter que la question de la pudeur soit liée à une idée religieuse des femmes dans une société  moderne qui vise l’égalité Femmes/Hommes ? Comment une femme, en est-elle réduite en France à se considérer impure au point de devoir se dissimuler pour exister dans l’espace public, à fortiori une piscine municipale ?

Adouber le burkini dans les piscines municipales, c’est  refuser de lutter contre l’islamisme et ses dogmes sexistes, c’est contrer les valeurs républicaines de liberté et d’égalité. La laïcité est un levier de l’égalité Femmes/Hommes, en aucun cas elle ne doit valider l’infériorisation des femmes.

La soumission de la Maire socialiste de Rennes Nathalie Appéré, aux exigences religieuses islamiques, soutenue par les Verts jamais en reste pour valider le consentement volontaire des femmes  à l’oppression,  et par les positions ambiguës de Carole Gandon d’En Marche (*2.) pressentie pour remplacer Mme Appéré aux prochaines municipales, est une faute dans l’exercice d’un mandat dans une République laïque. 

IMG_9047et moi je vais à la piscine en tenue de scaphandrier, na ! 

Les élu.e.s complaisant.e.s se trouvent tôt ou tard face aux citoyen.ne.s exaspéré.e.s par leur capitulation devant un islamisme conquérant qui peu à peu envahit tous les aspects de notre vie quotidienne, de la cantine des enfants, au hijab dans l’espace public, en passant par la perturbation de l’enseignement de certaines disciplines scientifiques dans les écoles de la République, et maintenant en compromettant l’hygiène et l’émancipation des femmes dans nos piscines !

Les VigilantEs

*1. https://vigilantes2015.wordpress.com/2016/09/03/en-burkini-messieurs-revue-de-presse-feministe/

*2. https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/burkini-a-rennes-entre-laicite-et-feminisme-carole-gandon-est-partagee-09-10-2018-12102106.php

 

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Formation CLEF : lutter contre les extrémismes religieux, interventions des VigilantEs

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Le samedi 23 septembre 2017, la CLEF – Coordination Française du Lobby Européen des Femmes http://www.clef-femmes.fr organisait une formation sur le thème : COMMENT LUTTER CONTRE LES EXTRÉMISMES RELIGIEUX ?

Le programme était le suivant : 

– Bernice Dubois :  brève description du Comité de lutte contre les extrémismes religieux de la CLEF

– La Laïcité : 

Ana Pak : rappel du contenu des 2 lois sur la Laïcité : celle de 1905 et celle de 2004.

Yolène Dilas-Rocherieux : compromissions acceptées par la France et leurs conséquences.

– Féminisme et laïcité : actions 

Christine Le Doaré et Arlette Zilberg des VigilantEs : théorie et actions 

Annie Sugier : Olympisme et apartheid sexuel 

Nous reproduisons ci-dessous les interventions des VigilantEs et complèteront prochainement par un lien sur le site de la CLEF où sera publié l’ensemble des interventions de cette riche journée de formation à laquelle ont participé de nombreuses associations féministes et autres. 

Le PDF des interventions de la journée regroupées cliquez ici : 

PDF Interventions regroupées formation 23 septembre

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Intervention de Christine Le Doaré, porte-parole des VigilantEs 

Féministes, lutter contre les extrémismes religieux

Les extrémismes/intégrismes religieux profitent toujours des périodes troublées pour revenir à la charge. Même au « pays des Lumières » rien n’est définitivement acquis, les extrêmes tentent de s’imposer par la censure ou par la mobilisation politique (comme dans le cas du mariage pour tous, par exemple).

Mondialisation, crises économiques et conflits en tous genres, ont poussé des populations à se réfugier en orient, dans des organisations (Frères musulmans…) et des régimes politico-religieux islamistes ; alors qu’en occident, les courants religieux réactionnaires ont mobilisé contre le mariage ouvert aux couples de même sexe, et sont toujours vent debout contre l’avortement.

Dans le mouvement féministe et plus généralement les mouvements progressistes, il est ordinaire de lutter contre les catholiques intégristes obsédés par la hiérarchie des  genres, par la sexualité des femmes, et par l’homosexualité. Beaucoup de combats féministes ont consisté à s’opposer aux restrictions de liberté imposées aux femmes par des dogmes religieux emprunts de misogynie, et à s’affranchir des rôles traditionnellement impartis aux genres féminin et masculin.

En revanche, lutter contre l’influence de l’islam politique est moins consensuel. Les musulmans bénéficient pour une partie de la gauche, du statut jadis reconnu à la classe ouvrière opprimée. Par voie de conséquence, critiquer ce qui, d’une manière ou d’une autre,  relève de l’islam est tabou. Une partie du mouvement antiraciste a  substitué à la lutte contre le racisme, la lutte contre l’ »islamophobie ». Il ne s’agit plus tant de combattre les discriminations et violences à raison de  l’origine ou de la couleur de peau, que d’empêcher toute critique d’une religion, même quand elle vise à contrôler et à inférioriser les femmes. Les règles, coutumes et traditions communautaires à caractère religieux qui enferment les femmes sont peu contestées par peur d’être jugé «islamophobe».

Le contexte étant posé, comment lutter contre les intégrismes religieux ? Selon moi,  il est important de commencer par se mettre d’accord sur ce qu’est et ce que n’est pas le féminisme :

Il n’y a pas un seul féminisme, des clivages sont apparus dès le début, puis dans les années 70 entre des tendances luttes de classe et psychanalyse et politique ; puis apparurent les théories queer post-modernes américaines qui visent à abolir le genre et ce faisant disqualifient les luttes féministes, etc.

– Il devrait être possible de se mettre d’accord sur ce qu’est à minima, le féminisme  :

  • reconnaitre que la moitié de l’humanité en tant que groupe/classe des femmes, est toujours dans une situation d’infériorité/inégalité par rapport au groupe des hommes,
  • œuvrer pour une autonomie et maitrise totale par les femmes, de leur corps (intégrité physique, mentale, sexuelle, sexualité, reproduction…), et de leur vie (éducation, couple, famille, santé, emploi…),
  • viser l’égalité réelle en solidarité avec les femmes du monde entier qui subissent toutes, quelle que soit leur origine ou couleur de peau, culture ou religion, des discriminations et violences inhérentes au système patriarcal.

Le féminisme universaliste est un combat universel contre la domination masculine.

– Il devrait être tout aussi facile de se mettre d’accord sur ce que ne peut pas être le féminisme. Il ne suffit pas de se prétendre féministe pour l’être, les impostures hélas ne manquent pas.

Depuis les années 2000 a émergé un « féminisme » relativiste qui a pour caractéristique de réduire des femmes à une identité (régionale, culturelle, religieuse…). Ce féminisme qui consiste à aménager l’oppression est une adaptation aux exigences traditionnelles, communautaires, religieuses. Il n’est pas apparu spontanément mais concomitamment  à l’influence grandissante au sein même des institutions internationales, de pays au régime politique islamique, tel que par exemple l’Arabie Saoudite (qui a rejoint récemment la Commission des Droits de la Femme à l’ONU!). Ces pays financent dans le monde entier, des groupes dits « féministes » qui en réalité, remettent en question des fondamentaux du féminisme.

Ces pays se sont attaqués, à l’ONU notamment, au caractère universel des Droits des femmes, en imposant la nécessité de prendre en compte des spécificités régionales. Ce relativisme culturel a engendré des « féminismes » identitaires, tel le « féminisme islamique » et ses variantes : « dé-colonial »… (En France : c’est notamment l’association « Femmes dans la mosquée » de Hanane Karimi …),  c’est un « féminisme » communautaire, racialiste et donc par nature essentialiste et différentialiste.

Nous constatons que ces « féminismes » séparent les femmes les unes des autres au profit d’autres luttes que celles contre le patriarcat. Comment pourrait-il en être autrement alors que les  traditions et religions ont toujours été l’instrument le plus  répressif du système patriarcal. Renvoyer des femmes à leur religion, leurs traditions, leur communauté, leur culture pour les isoler des autres femmes, retarde notre émancipation collective. 

Il n’existe pas plus de « féminisme » islamique que chrétien ou juif, c’est une imposture car il n’y a pas d’aménagement possible de l’oppression : le féminisme ne s’adapte pas aux règles posées par l’oppresseur, il les renverse, les dépasse pour l’émancipation de toutes et tous.

Une fois le féminisme défini, comment résister à sa récupération et à son dévoiement ? :

– Se méfier de certains concepts, comme »islamophobie», »intersectionnalité» ou « inclusif » très prisés par les défenseurs du relativisme culturel. Certes, les oppressions se surajoutent :  à l’évidence, être femme, noire, et pauvre par exemple, est autrement plus difficile à vivre que d’être blanc et aisé. Le racisme et la xénophobie, l’antisémitisme, comme le sexisme et l’homophobie/la lesbophobie, tous les préjugés et rejets de l’autre doivent combattus, mais renvoyer des femmes à leur groupe d’origine ne peut constituer une solution. Comment un repli identitaire pourrait-il les/nous affranchir de la domination masculine qui traverse toutes les origines comme toutes les classes sociales ? L’ »intersectionnalité » comme les « féminisme décolonial », « féminisme inclusif »,  le plus souvent noient les revendications des femmes dans les agendas masculins. Comment pourrait-il en être autrement là aussi : le machisme n’a jamais eu besoin de l’occident ni des colonisateurs pour exister.

– Refuser la banalisation du « féminisme » relativiste, islamique ou autre, s’opposer à la « mode pudique », au « Hidjab day » de Sciences Po et aux groupes tels que Lallab (*) par exemple.

L’islam politique veut imposer le voile, la mode dite «pudique » l’aide à y parvenir en  dépolitisant son caractère religieux : prétendre que des femmes s’affichent couvertes dans l’espace public pour des raisons esthétiques, comme s’il s’agissait de n’importe quel autre accessoire, est perfide. Le voile est l’étendard de l’islamisme, il affiche visiblement et via les femmes, sa progression, mais s’il est banalisé en étant dépolitisé par la mode, il devient alors facile de le généraliser. En revanche, les féministes universalistes ont  plus de mal à le combattre pour ce qu’il est vraiment, même si, paradoxe stupéfiant quand on y songe,  de nombreuses musulmanes dans le monde, se battent contre ce même voile.

Le crédo de l’association « féministe islamique » Lallab est de rejeter le « féminisme blanc » pour imposer des spécificités communautaires et religieuses, en particulier l’acceptation du voile islamique. Lallab cautionne et développe en les intégrant, des règles de conduite, des obligations prescrites seulement aux femmes ; se faisant, l’association s’adapte à l’oppresseur et devient un porte-parole comme un autre, du système patriarcal. Lallab cautionne un apartheid genré et contribue à pérenniser un système d’oppression, c’est donc une indéniable récupération du féminisme. Pourtant, ce groupe accusé de détourner des subventions publiques en recrutant des services civiques, a été défendu par nombre d’associations féministes aveuglées par une idéologie islamo-gauchiste qui peu à peu a convaincu à l’extrême gauche et plus largement.

– Réveiller le mouvement féministe qui se laisse séduire par ces « nouveaux féminismes » promus massivement dans les médias et milieux universitaires. Combien d’émissions de radio et articles de presse ces dernières années sur ce qui nous est vendu comme « nouveau féminisme » ? On ne les compte plus.

Dénoncer l’imposture sans complaisance, résister pied à pied à la récupération ne suffisent pas, le féminisme universaliste doit aussi construire des alliances :

  • Avec les groupes féministes laïques tels que par exemple le groupe « Femmes sans voile d’Aubervilliers » en France et d’autres ailleurs, relayer leurs actions, en organiser en commun.
  • Avec les intellectuel.le.s  et militant.e.s qui résistent dans le monde arabe, au Maghreb, en Egypte, également en Iran, etc. Relayer leur parole et les soutenir.
  • Avec les mouvements laïques qu’il faut éclairer sur la domination masculine ; quelques exceptions mises à part, ils ont souvent tendance à  s’afficher féministe uniquement quand il s’agit de contrer les religions.

Christine Le Doaré

(*) Lallab : voir l’article d’Ikhwan infos  (les deux fondatrices sont d’anciennes étudiantes de Pascal Boniface …).    http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/11198

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Intervention d’Arlette Zilberg, porte-parole des VigilantEs :

Comment, sur le terrain, lutter contre les extrémismes religieux ?

Depuis 3 décennies, nous voyons monter les extrémismes religieux dans le monde et en France. Ces extrémismes se rejoignent sur la place et le rôle des femmes dans la famille, dans la société, avec plus ou moins de réussite, en fonction du degré de démocratie du pays.

Or, combien fut grande notre déception de voir que les sujets qui touchent particulièrement aux droits des femmes, sont négligés par des associations de tradition laïque, et parfois même pire, de voir que ces associations laïques défendent des positions qui nuisent aux droits des femmes. Quant à certaines associations féministes, nous étions atterrées par des dérives liées à des confusions d’idées (cf. l’intervention précédente de Christine Le Doaré ) .

C’est pourquoi, les VigilantEs, ont décidé de rappeler les fondamentaux du féminisme, de ce qui participe à faire avancer les droits des femmes, et donc d’intervenir dans les débats publics pour mettre en lumière  les avancées, masquées ou pas, des intégrismes religieux, et de dénoncer les faux amis des femmes.

Le mouvement des femmes, et les féministes ne partent pas de zéro. C’est une très longue histoire, en France et partout dans le monde. Car partout dans le monde, de tout temps,  les femmes se sont battues, individuellement ou collectivement pour obtenir des droits qui allaient à l’encontre des traditions archaïques, traditions parfois renforcées par des religions qui donnent pour modèle des sociétés assises sur la domination masculine, la hiérarchisation des rôles sociaux plutôt que l’égalité, même s’il n’est pas question d’oublier les différences sexuelles.

Prenons l’exemple de la planification familiale. Si on la considère comme un élément incontournable du développement des sociétés et du bien-être en premier lieu des femmes, nous nous heurtons à cette idée brandie par tous les extrémistes religieux, à ce dogme qu’ils voudraient nous imposer : ne pas intervenir sur la fécondité car la nature crée par un dieu, serait sacrée. La laïcité nous a protégées et nous a permis d’avancer. Pourtant, le droit à la contraception et à l’avortement, est toujours remis en cause. Les plus actifs étant ici les intégristes catholiques (les plus nombreux des intégristes en France). Personnellement, et parce que je vis dans un quartier où la mobilisation était plus facile (20ème ardt de Paris), j’ai participé pendant 2 ans à la défense du Centre IVG de l’hôpital Tenon. Pendant 2 années, les intégristes catholiques autour de l’association SOS-Tout Petits sont venus régulièrement manifester devant l’hôpital Tenon (75020). Avec croix, accoutrements et bannières dignes du Moyen-Age. Notre mobilisation a payé.

Mais en tant que VigilantEs nous décortiquons aussi ce qui se passe chez les intégristes des autres religions, sur la question de la planification familiale car elle est centrale pour les femmes. Or, même s’ils sont moins dangereux du fait de leur petit nombre, nous savons que les intégristes juifs ont la même analyse que les autres sur cette question. Par contre, du côté des intégristes musulmans, nous pouvons relever que le discours est : nous on pense comme ça, mais si vous n’êtes pas musulmans, vous faîtes comme vous voulez. Mais n’imposez pas la planification familiale à « La femme musulmane ». Comme si choisir le nombre de grossesses et d’enfants ne concernait pas toutes les femmes et n’était pas une question de bien être pour toutes les femmes, partout dans le monde. C’est la raison pour laquelle les VigilantEs qui sont actives sur les réseaux sociaux et notamment sur tweeter, ont porté la contradiction à Françoise Vergès, qui dans son livre sur « le ventre des femmes africaines », réduit la nécessaire transition démographique à un produit « du capitalisme, du colonialisme et du racisme ». Un discours qui a été relayé par Libération, les Inrocks, le Nouvel Observateur. Ils sont où nos vrais amis ?

Ça  n’est pas facile, mais ne rien dire quand des médias soi-disant progressistes défendent des thèses si dangereuses pour les femmes, il faut faire front.

Nous avons lancé les VigilantEs le 8 mars 2016.

Nous avons un compte tweeter qui nous permet de veiller et d’être très réactives. Nous avons créé notre blog qui nous permet de mettre sur tweeter les liens de nos articles, car un tweet de 140 signes, c’est parfois un peu juste pour argumenter.

Autre action des VigilantEs

Le 19/09/2016   nous avons lancé une pétition en ligne qui a recueilli plus de 12 000 signatures en quelques jours et nous avons interpellé le CSA. http://www.mesopinions.com/petition/autres/csa-rappelez-fr3-france-info-ethique/24982

CSA : rappelez à FR3/France info l’éthique, le respect des victimes et les droits des femmes !

Le 15 septembre 2016, France Info a diffusé une vidéo intitulée d’abord «Nice, le dialogue impromptu entre une femme en niqab et une touriste en colère sur la promenade des Anglais»(1), puis mise en ligne sur Youtube sous le titre : « Nice : mots pour maux »(2).

Cette vidéo montre une femme portant niqab, en train de déposer sur la Promenade des Anglais une gerbe de fleurs à la mémoire des victimes de l’attentat de Nice, puis une discussion entre cette femme et une touriste.

Alertées par les tweets de Françoise Laborde, ancienne présentatrice du JT de France2,  et l’article d’Annabel Benhaiem(3) publié sur le Huffington Post, les VigilantEs(4) s’indignent à leur tour.

Après quelques recherches nous apprenons que cette femme, Stéphanie Lecuyer, est une militante pro-niqab avérée, connue dans la presse depuis 2014.  De plus, elle était accompagnée d’un homme qui se révèle être Rachid Nekkaz, l’homme qui paie les amendes des femmes en niqab verbalisées en conformité à la loi du 11 octobre 2010.

Or, ni la touriste interviewée, ni les spectateurs ne sont prévenu.e.s de l’identité de ces deux personnes suscitées et qui avaient été sollicitées par la journaliste dans le cadre d’un reportage programmé par France 3 pour le mois d’octobre, sur la loi interdisant le voile intégrale.

Pendant quelques minutes, nous assistons à une discussion au cours de laquelle la dame en niqab tente de faire admettre à une touriste choquée par son accoutrement dans ce décours macabre, qu’il faut respecter le niqab. La chaîne parlera d’abord d’un échange d’abord « musclé » puis de «dialogue apaisé ».

Outre que le procédé journalistique de mise en scène d’une « rencontre fortuite » s’avère être une imposture, cette provocation téléguidée qui vise à faire apparaître sur les lieux d’un massacre, une femme arborant le même uniforme que celui revendiqué par les terroristes islamistes ici et dans le monde, est une insulte aux victimes du terrorisme, aux survivant.es et à leurs proches.

De plus, le discours victimaire de cette femme portant niqab, dans ce lieu de recueillement, est une insulte à toutes les femmes massacrées ou pourchassées dans le monde parce qu’elles refusent cet uniforme-étendard mortifère, symbole de l’infériorité du statut des femmes.

Les VigilantEs (4) et les signataires de la pétition vous demandent d’intervenir au plus vite afin de mettre fin sur les chaînes publiques, à cette pratique journalistique qui relève :

– du bidonnage journalistique et de la manipulation de l’opinion plutôt que de l’information,

– d’une propagande pour la banalisation d’un uniforme mortifère pour les femmes et contraire à nos valeurs républicaines, plutôt que du débat. 

(1) Video sur le site de France Info

(2) Video sur Youtube 

(3) Article d’Annabel Benhaiem sur Huffington Post

(4) Les VigilantEs 

Toutes nos actions sont mises en ligne sur notre blog qui reçoit, des milliers, voire des dizaines de milliers de visites, selon notre compteur. On peut y consulter des articles de fond, des communiqués de presse que l’on envoie aux associations féminines et féministes, et aux journalistes, des appels à mobilisation, et des podcasts d’émissions.   

Nous avons aussi participé à l’action autour de la Tour Eiffel pour des JO à Paris 2024, non-sexistes et contre l’apartheid sexuel dans le sport. Nous participerons à la suite de cette action portée par La Ligue du Droit International des Femmes.

Nous avons le projet de travailler sur la question du voilement des fillettes.

Nous travaillons avec des associations et/ou personnalités féministes et laïques.

Notre ADN est féminisme et laïcité, justement parce que nous estimons qu’aujourd’hui, la laïcité qui devrait protéger les droits des femmes, est remise en cause, que les droits des femmes sont souvent négligés par les laïques, voire dévoyés par certaines féministes, et sont combattus par celles et ceux qui induisent la confusion dans les débats.

Notre réseau Les VigilantEs est un dispositif d’alerte, de réflexion et d’actions pour que les droits des femmes ne passent pas dans la ligne pertes et profits de la laïcité. L’affaire du salon musulman de Pontoise où des prédicateurs intégristes s’étaient permis impunément d’en appeler au viol conjugal nous a convaincues de l’urgence de notre intervention.

Arlette Zilberg

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Blog des VigilantEs:  https://vigilantes2015.wordpress.com/

Compte Tweeter : @Les_VigilantEs

Journée Mondiale sans voile, résistance féministe et laïque !

Pourquoi soutenir, participer à la Journée Mondiale Femmes sans voile ?

  • Parce que le voile divise artificiellement et faussement, les filles et les femmes entre « pudiques » et « impudiques »,
  • Parce que celles qui choisissent de se voiler cautionnent et préparent la prison des autres, elles sont complices de la domination religieuse et masculine,
  • Parce que le voile est un marqueur de soumission à un ordre religieux sexiste, alors que dans le monde entier des femmes sont forcées de le porter et punies dans le cas contraire,
  • Parce que le voilement des petites filles, de plus en plus fréquent, banalisé, relève de la maltraitance sur enfants,
  • Parce que le voile est l’un des outils qui séparent les population en communautés qui s’ignorent,
  • Parce que le voile est un marqueur politique de l’expansion de l’islamisme

Les VigilantEs, réseau féministe et laïque, soutient la Journée Mondiale Femmes sans voile du 10 juillet et appèle au rassemblement à Paris, lundi 10 juillet, à 18:00, Place de la République.

Non à tout apartheid sexuel, oui à l’émancipation véritable de toutes les femmes et de tous. Résistance féministe et laïque ! Solidarité internationale !

 

  • Plus d’informations sur la page Facebook  de l’évènement : 

https://www.facebook.com/events/751160858388558/

  • Le CP de l’an dernier, toujours et plus encore, d’actualité :

https://vigilantes2015.wordpress.com/2016/07/04/10-juillet-devoilons-le-machisme-religieux/

  • Dans cette revue de presse de l’an dernier, de nombreux textes aussi sur le voile : 

 

Deux affaires ont creusé le fossé entre féminismes relativiste et universaliste

IMG_0624 image article vRetour sur deux affaires récentes qui ont creusé le fossé entre féminismes relativiste et universaliste.

Deux évènements récents ont mis en exergue le fossé qui se creuse dangereusement entre deux visions opposées du féminisme : un féminisme relativiste qui prône le multiculturalisme, versus un féminisme universaliste.

      

Avec un peu de recul, les VigilantEs reviennent sur ces évènements.

Aussi incroyable que ça puisse paraître, des militantes qui se qualifient de féministe : 

 

  • condamnent, en tous cas refusent de défendre des femmes victimes de harcèlement sexiste et sexuel (allant de regards insistants à  des agressions verbales et/ou physiques).

C’est ce qui s’est passé alors que des habitant.e.s du quartier La Chapelle se sont organisés pour réagir contre le sexisme et l’insécurité dont sont victimes de nombreuses femmes qui y vivent. Selon nombre de féministes, le problème n’existait pas, les habitant.e.s du quartier ne supportaient pas la misère, la saleté, la mixité sociale et culturelle, les migrants… elles et ils n’avaient qu’à s’y habituer, elles et ils n’étaient que des racistes. Point final.

Etrange manière de lutter contre le sexisme que de fermer les yeux quand sexisme, machisme et autres manifestations de la domination masculine ont lieu dans des quartiers défavorisés, ou sont commis par des agresseurs dont le profil est sensé immuniser contre toute remise en question. 

A l’évidence quelque chose ne va pas quand le féminisme ou ce qui est présenté comme tel, se retourne contre des femmes. Contre d’autres intérêts politiques, les femmes ne pèsent décidément pas lourd.  Heureusement les pouvoirs publics ont fini par s’intéresser aux problèmes et ont promis d’adopter certaines mesures, car les solutions existent en effet. Que des  féministes contribuent à freiner leur mise en œuvre est désastreux.

Affaire à suivre …

 

  • acceptent que des femmes qu’elles qualifient de « racisées » (étrange concept, soit tout le monde est «racisé » soit personne ne l’est) rejettent en bloc toutes les femmes, toutes les féministes dont le taux de mélanine serait insuffisant.

C’est ce qui se passe avec le festival afro-féministe Nyansapo.

Quand lutter contre le racisme, ce qui devrait être l’affaire de toutes et tous, devient prétexte à la ségrégation raciale, à l’évidence, quelque chose ne va pas. Quand un festival présenté comme féministe ne s’intéresse guère aux terribles violences vécues ici et ailleurs dans le monde par des femmes vivant sous la loi islamique (charia) devrait interpeller le mouvement féministe.

Avancer des critères raciaux pour exclure, encourager un repli communautaire au risque d’y enfermer les femmes et les soumettre plus encore à l’arbitraire patriarcal, et revendiquer au titre de la race une détestation des blanc.he.s comme on le voit sur les réseaux sociaux,  retourner le racisme contre d’autres femmes ne relève pas du féminisme.

Que des femmes « racisées », des femmes noires éprouvent en tant que femmes et noires, femmes et musulmanes,… la nécessité de se retrouver pour combattre le racisme,  c’est une chose, ce n’est d’ailleurs pas nouveau et des féministes « blanches » se sont toujours associées à ces combats, mais que ces femmes développent un  « féminisme blanc bashing » c’est autre chose.

Aucune femme n’a à gagner à cette division qui ne sert que les agendas masculins, c’est pourtant exactement ce que fait ce  festival qui sacrifie la lutte contre le système patriarcal à celle contre l’ « état néocolonial ». Or, les femmes sont la moitié de l’humanité, leur intérêt à lutter ensemble, solidairement, toutes couleurs de peau confondues,  contre les discriminations et violences du système patriarcal, contre le racisme,  est une évidence.

 

Dans les contextes de guerre mondiale que nous impose l’islamisme et d’assignation identitaire où nous somme pris.e.s en étau entre identitaires de tous bords de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, l’impact négatif du « féminisme » relativiste actif ces dernières décennies, se mesure à l’ampleur du recul qui frappe les femmes. La bonne nouvelle, c’est que l’essor dont il a bénéficié grâce aux milieux universitaires et aux médias férus de relativisme culturel à l’anglo-saxonne, décrédibilisé, passe de moins en moins bien dans la population.

La vision multiculturelle et relativiste qui mène à une société divisée où chaque faction repliée sur sa communauté ne voit que ses intérêts qu’elle tente d’imposer, installe des logiques de domination dont les femmes font toujours les frais. 

Le féminisme à l’inverse, vise  à gommer les rapports de pouvoir et de domination, alors il serait temps de revenir aux fondamentaux.

Les VigilantEs

 

  • Féministes ? Ma Chapelle oui !

 https://christineld75.wordpress.com/2017/05/22/feministes-ma-chapelle-oui/

  • Oui Anne Hidalgo, le racialisme est un racisme.

https://christineld75.wordpress.com/2017/05/29/oui-anne-hidalgo-le-racialisme-est-un-racisme/

  • De souche, pas de souche, blancs, non-blancs, stop !

http://www.liberation.fr/debats/2017/06/01/de-souche-pas-de-souche-blancs-non-blancs-stop_1573885

  • Mwasi et le festival non-mixte, un féminisme communautaire simpliste et dangereux

https://www.marianne.net/debattons/editos/mwasi-et-le-festival-non-mixte-un-feminisme-communautaire-simpliste-et-dangereux

Télévision publique et privée relais de la propagande islamiste ?

cygk7erxcaaywvj-voile-etendardSeins nus ou tête voilée, c’est la même chose !  Ah bon ?

David Pujadas se plait à inviter des jeunes femmes de confession musulmane, présentées comme apolitiques, anodines, mais en réalité, porte-paroles de femmes musulmanes politisées,  pour organiser un  bad buzz.

Désinformation sur la qualité des invitées ? Manipulation d’opinions ? Peu importe. L’objectif est le clash.

Le 21 janvier 2016 déjà, nous avions subi le tour de passe-passe de David Pujadas qui présentait Mme Wiam Berhouma, comme simple « jeune femme de confession musulmane, professeure d’anglais dans un collège à Noisy-le-Sec, n’étant encartée dans aucun parti politique ». Or, cette femme est connue comme fervente militante politique !  Ainsi rapporte  IkwanInfos, l’observatoire de l’Islam Politique et des Frères Musulmans : Wiam Berhouma est « la nouvelle égérie de la MAFED ». Un Collectif de femmes disant subir le « racisme d’Etat » et qui sert surtout de paravent aux Indigènes de la république (pro-islamistes, obsédé par les Juifs, et soutenant la résistance armée du Hamas, l’Intifada des couteaux).

Ce 6 janvier 2017, nous avons découvert stupéfaitEs, la nouvelle invitée « anodine » et « surprise » de David Pujadas : Attika Trabelsi. Formidable mise en scène : une jeune et jolie jeune femme, portant une tenue symbolisant la « mode pudique » des femmes musulmanes. Banalisation esthétisante du voile. Merci David Pujadas pour toutes les femmes d’origine musulmane qui cherchent à se soustraire à la pression sociale des islamistes !   

Cette fois encore, une petite recherche sur la toile et nous découvrons la supercherie :

  1. Mr Pujadas la présente comme diplômée de l’Ecole Normale Supérieure, FAUX !

Isabelle Kersimon @KersimonIsa  6 janv.

⚠️ Attika Trabelsi, militante pro-voile invitée hier dans #LEmissionPolitique n’est pas normalienne. Des explications, @France2tv ?

2. Mme Trabelsi se proclame « Féministe Prochoix » : FAUX.

Dans l’univers féministe  être Prochoix fait référence au possible  choix ou non d’avorter.  Le détournement des mots est patent. En réalité, Mme Trabelsi, présentée comme simple jeune  entrepreneure,  est une militante pro-voile.

Yann Barte @YannBarte  5 janv.

Et c’est reparti, les Indigènes du services public…Encore une « jeune musulmane apolitique » @LEPolitique @AssoLallab http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9647

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Attika Trabelsi avec Hanane Karimi.                              Hanane Karimi et Tariq Ramadan

Hanane Karimi et Tariq Ramadan sont des militants de l’islam politique, régulièrement invités par les médias.

3. Monsieur Pujadas cautionne le féminisme victimaire et plussoie lorsque Mme Trabelsi se présente comme femme, musulmane, blessée, humiliée, discriminée. Pourquoi lorsqu’une femme dite musulmanes s’exprime, ses propos relèveraient-ils du féminisme ? Cette forme de dévoiement du féminisme est décidément très prisée des médias.

Mabrouk Sonia @SoMabrouk  5 janv.

#LEmissionPolitique Une idée: Inviter, parfois, des musulmanes non voilées, ça existe aussi et elles parlent tout aussi bien de la femme !!

(Des femmes plutôt que la femme, c’est mieux mais bon…).

4. Mme Trabelsi se dit femme musulmane, féministe  et libre. Bah non ! 

Le féminisme islamique est au féminisme ce que l’islamophobie est à l’antiracisme : une opération politique dont l’objectif est de museler les laïques, non pas d’aider à l’émancipation des femmes, ni de se solidariser avec les femmes qui tentent de résister à l’oppression de régimes autocratiques musulmans. 

Isabelle Kersimon @KersimonIsa 5 janv.

« Chaque femme est libre d’être qui elle veut. » De qui se moque-t-on ? Banalisation voile #AssoLalabb @LeaSalame #LEmissionPolitique #Valls

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France2 chaîne du service public, financée par nos impôts nous a donc appris que « seins nus ou têtes voilées, c’est exactement la même chose » dixit Mme Trabelsi. Sauf à vouloir chosifier le corps des femmes, séparer les femmes entre les impudiques seins nus et les pudiques têtes voilées, une telle affirmation revient à faire la promotion du projet politique islamiste, ce qui est à des années lumière du féminisme. Le voile « est vivement recommandé en France par les Frères musulmans et les salafistes, pour gagner de la visibilité »  Waleed Al-Husseini.

Ce n’est pas la première fois que la télévision se fait ainsi (et comme tant d’autres médias), le relais de la propagande islamiste. France 2 le Supplément, Des Paroles et des actes… manipulés volontaires qui n’ignorent rien de leurs invitéEs puisqu’un ou deux clics sur le Net leur permet de savoir précisément à qui ils ont à faire. Déjà en janvier 2016 un article d’isabelle Kersimon le dénonçait : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/25/31003-20160125ARTFIG00288-dpda-le-supplement-de-canal-plus-quand-la-tele-invite-les-ennemis-de-la-republique.php

Complaisance et complicité coupables, dans quel intérêt, on se le demande encore.

L’islam politique est un totalitarisme : solidement financé et diffusé, il influence les institutions internationales telles l’ONU, les politiques et les médias ; sa force est de faire croire qu’il ne s’agit pas d’un projet politique, qu’il n’a pas de stratégie ; il appâte la gauche notamment en se présentant comme victime.  Il utilise les femmes comme fer de lance et forme des militantes politiques jeunes, instruites, universitaires, journalistes… Leur crédo est toujours le même : « le voile, c’est ma liberté, c’est mon choix ». En réalité, via les femmes et le voile islamique, véritable étendard de l’islamisme, l’islam politique gagne en visibilité et le voile envahit peu à peu des immeubles, des  rues, des entreprises, des universités. Le voile, en tant que revendication instaure un ordre moral et toutes les femmes qui ne le portent pas  sont de facto suspectes voire impures. 

Les droits et libertés des femmes sont universels, le recul et la soumission de quelques unes, de plus en plus nombreuses, nous menacent toutes. Il est grand temps pour les féministes de démasquer les combattantEs de l’islam radical et leurs alliéEs ; d’articuler les libertés individuelles et collectives qui nous ont libérées, particulièrement nous les femmes ; et n’oublions jamais que  le corolaire de l’oppression, c’est la résistance. 

Les VigilantEs

25 novembre, contre toutes les violences faites aux femmes, soyons vigilantEs !

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25 novembre 2016, contre toutes les violences faites aux femmes, soyons vigilantEs !

Le 25 novembre est une journée internationale consacrée à mettre en lumière pour mieux les combattre, les violences faites aux femmes à l’échelle mondiale.

En 1993 l’Assemblée Générale de l’ONU émet une Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, 20 ans plus tard,  échec magistral : une femme sur trois est encore victime de violence physique et/ou sexuelle.

Ces violences, on les retrouve dans chacun des pays du globe, elles constituent une très grave atteinte aux droits fondamentaux. Les conséquences sur la santé des femmes et des filles sont multiples,  leur vie est hypothéquée,  souvent, leur mort précipitée. Les coûts économiques sont aussi très élevés pour nos sociétés.

En France :

  • Des viols : plus de 85 000/an sachant qu’à peine 2% d’entre eux font l’objet d’une condamnation ; aussi, des viols et agressions sexuelles de nature incestueux ;
  • Des violences conjugales : plus de 215 000 femmes victimes en France et 122 femmes assassinées par leur conjoint en 2015 ;
  • Des violences prostitutionnelles : malgré la loi d’abolition de la prostitution, de nombreuses femmes, souvent étrangères, continuent de subir les violences du système prostitueur, les moyens alloués aux programmes de sortie de la prostitution sont insuffisants ;
  • Des agressions physiques : une apparence qui ne convient pas, un soupçon d’homosexualité, ou simplement l’expression d’une toute puissance virile ;
  • Du harcèlement sexuel dans la rue, au travail, etc. ;
  • Un enfermement communautaire et l’influence grandissante des religions qui imposent aux femmes une tutelle familiale privative de liberté ; des traditions aux conséquences parfois criminelles : tutelle masculine, voilement, interdiction de contraception et d’avortement, mariage forcé, mariage de mineures à l’occasion de vacances à l’étranger, excision, etc.

Des associations féministes revendiquent une loi-cadre contre les violences faites aux femmes et la transposition en droit français de toutes les dispositions de la  Convention d’Istanbul du Conseil de l’Europe sur « la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique ».

Dans le monde entier *1. :

  • La moitié des victimes d’homicide dans le monde en 2012, l’ont été par un partenaire intime ou membre de la famille ;
  • Au moins, 35 % des femmes ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ou d’un inconnu (Ce pourcentage peut aller jusque 70 % pour des études à l’échelle nationale : En 2012, une étude menée à New Delhi a révélé que 92 % des femmes avaient subi des violences d’ordre sexuel dans un lieu public, et que 88 % des femmes avaient subi un harcèlement sexuel) ;
  • Environ 120 millions de filles dans le monde ont déjà été forcées à avoir des relations sexuelles ;
  • 200 millions de filles et de femmes ont subi une forme de mutilation génitale féminine/excision dans 30 pays ;
  • Les femmes et les filles représentent environ 70 % des victimes de trafic d’êtres humains, les filles seules représentant deux sur trois des victimes du trafic subi par les enfants ;
  • Une femme sur dix âgée de plus de 15 ans a déjà été victime de cyber-harcèlement ;
  • On estime que 246 millions de filles et de garçons subissent des violences à l’école chaque année ;
  • En 2014, 23 % des femmes non hétérosexuelles (lesbiennes, bisexuelles ou autre) de l’UE ont subi des violences physiques et/ou sexuelles ;
  • 34% des femmes souffrant d’un problème de santé ou d’un handicap ont subi une violence physique ou sexuelle de la part de leur partenaire ;
  • Dans l’UE, 43 % des femmes ont été victimes de violences psychologiques exercées par un partenaire intime ;
  • Les exilées qui fuient la guerre sont infiniment moins nombreuses que les hommes à pouvoir s’échapper ; quand elles y parviennent, trop d’entre elles subissent des violences physiques et sexuelles, la prostitution.
  • Dans nombre de pays soumis au fondamentalisme musulman, les femmes sont forcées de disparaître sous des accoutrements qui les invisibilisent,  sont privées de libertés et de droits civiques ;  dans les régions tombées aux mains de régimes barbares, tel l’EI, elles sont enlevées pour devenir des esclaves domestiques et sexuelles, fabriquer des soldats.

Dans le monde entier la situation des filles et des femmes est catastrophique. Même dans le petit nombre de pays qui ont promulgué des lois sur la violence familiale, disposent de lois relatives au harcèlement sexuel  et  sur le viol conjugal, ces textes ne sont pas intégralement conformes aux directives internationales et le plus souvent ne sont pas mis en application ou très partiellement.

Les campagnes et politiques de prévention et de sensibilisation contre les violences, d’éducation à l’égalité femmes-hommes, sont insuffisantes et les actes violents trop souvent, restent impunis.   

Compte tenu de l’ampleur des violences machistes, la volonté politique des états est ridiculement faible. Les responsables politiques sont complaisants face au recul de la laïcité alors que la place grandissante du religieux entraine un retour à l’ordre moral très préjudiciable aux femmes et aux minorités sexuelles : les intégristes catholiques sont vent-debout contre les droits reproductifs et la « théorie du genre » ; les fondamentalistes musulmans instrumentalisent les femmes, voilées, infantilisées, soumises, pour assoir leur idéologie. Des médias, des intellectuels et politiques bien-pensants convaincus que les musulmans (notez l’assignation religieuse automatique d’une origine, culture, avec une religion), sont les nouveaux damnés de la terre, encouragent ces dérives. 

Les institutions internationales telles que l’ONU, sous l’emprise d’états totalitaires fondamentalistes, depuis la fin des années 90,  vident les Droits Humains de leur sens universel et entravent  l’émancipation des femmes.


Le système patriarcal affaibli par les luttes féministes du 20ème siècle trouve une nouvelle inspiration dans les politiques communautaristes et identitaires imprégnées de fondamentalisme religieux susceptibles de maintenir les privilèges de la domination masculine. Ces politiques divisent et tuent les femmes, il est temps que les féministes et progressistes du monde entier le réalisent.   

Refuser les injonctions religieuses sexistes est une priorité du combat féministe et laïc du 21ème siècle !


Les VigilantEs

Charte des VigilantEs : https://vigilantes2015.wordpress.com/2016/01/17/egalite-emancipation-laicite/

 *1.Chiffres extraits de Rapports ONU femmes

PODCAST « DÉBAT DU JOUR » Un féminisme ou des féminismes ?

Pour écouter le débat auquel participait les VigilantEs :

http://www.rfi.fr/emission/20160929-feminisme-feminismes?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=twitter&ns_mchannel=social&ns_linkname=emission&aef_campaign_ref=partage_user&aef_campaign_date=2016-09-29

« La polémique sur le burkini a occupé l’espace médiatique tout le mois d’août. Outre la question de l’interdiction de ce maillot de bain intégral, de la médiatisation du phénomène, la polémique a aussi posé la question de la place de la femme dans l’espace public. Comme le voile, le maillot de bain intégral a donc poussé des militantes des droits de la femme à se questionner, se positionner, et toutes n’ont pas eu la même réponse.

Pour en débattre

– Chahla Chafiq, écrivaine et sociologue iranienne – Dernier ouvrage, «Demande au miroir», Éditions L’Âge d’Homme, 2015

– Christine Le Doaré, féministe, juriste et blogueuse – Co-fondatrice du réseau féministe et laïque « Les vigilantes »

– Hanane Karimi, féministe musulmane, doctorante en Sciences sociales à l’Université de Strasbourg. »