Deux affaires ont creusé le fossé entre féminismes relativiste et universaliste

IMG_0624 image article vRetour sur deux affaires récentes qui ont creusé le fossé entre féminismes relativiste et universaliste.

Deux évènements récents ont mis en exergue le fossé qui se creuse dangereusement entre deux visions opposées du féminisme : un féminisme relativiste qui prône le multiculturalisme, versus un féminisme universaliste.

      

Avec un peu de recul, les VigilantEs reviennent sur ces évènements.

Aussi incroyable que ça puisse paraître, des militantes qui se qualifient de féministe : 

 

  • condamnent, en tous cas refusent de défendre des femmes victimes de harcèlement sexiste et sexuel (allant de regards insistants à  des agressions verbales et/ou physiques).

C’est ce qui s’est passé alors que des habitant.e.s du quartier La Chapelle se sont organisés pour réagir contre le sexisme et l’insécurité dont sont victimes de nombreuses femmes qui y vivent. Selon nombre de féministes, le problème n’existait pas, les habitant.e.s du quartier ne supportaient pas la misère, la saleté, la mixité sociale et culturelle, les migrants… elles et ils n’avaient qu’à s’y habituer, elles et ils n’étaient que des racistes. Point final.

Etrange manière de lutter contre le sexisme que de fermer les yeux quand sexisme, machisme et autres manifestations de la domination masculine ont lieu dans des quartiers défavorisés, ou sont commis par des agresseurs dont le profil est sensé immuniser contre toute remise en question. 

A l’évidence quelque chose ne va pas quand le féminisme ou ce qui est présenté comme tel, se retourne contre des femmes. Contre d’autres intérêts politiques, les femmes ne pèsent décidément pas lourd.  Heureusement les pouvoirs publics ont fini par s’intéresser aux problèmes et ont promis d’adopter certaines mesures, car les solutions existent en effet. Que des  féministes contribuent à freiner leur mise en œuvre est désastreux.

Affaire à suivre …

 

  • acceptent que des femmes qu’elles qualifient de « racisées » (étrange concept, soit tout le monde est «racisé » soit personne ne l’est) rejettent en bloc toutes les femmes, toutes les féministes dont le taux de mélanine serait insuffisant.

C’est ce qui se passe avec le festival afro-féministe Nyansapo.

Quand lutter contre le racisme, ce qui devrait être l’affaire de toutes et tous, devient prétexte à la ségrégation raciale, à l’évidence, quelque chose ne va pas. Quand un festival présenté comme féministe ne s’intéresse guère aux terribles violences vécues ici et ailleurs dans le monde par des femmes vivant sous la loi islamique (charia) devrait interpeller le mouvement féministe.

Avancer des critères raciaux pour exclure, encourager un repli communautaire au risque d’y enfermer les femmes et les soumettre plus encore à l’arbitraire patriarcal, et revendiquer au titre de la race une détestation des blanc.he.s comme on le voit sur les réseaux sociaux,  retourner le racisme contre d’autres femmes ne relève pas du féminisme.

Que des femmes « racisées », des femmes noires éprouvent en tant que femmes et noires, femmes et musulmanes,… la nécessité de se retrouver pour combattre le racisme,  c’est une chose, ce n’est d’ailleurs pas nouveau et des féministes « blanches » se sont toujours associées à ces combats, mais que ces femmes développent un  « féminisme blanc bashing » c’est autre chose.

Aucune femme n’a à gagner à cette division qui ne sert que les agendas masculins, c’est pourtant exactement ce que fait ce  festival qui sacrifie la lutte contre le système patriarcal à celle contre l’ « état néocolonial ». Or, les femmes sont la moitié de l’humanité, leur intérêt à lutter ensemble, solidairement, toutes couleurs de peau confondues,  contre les discriminations et violences du système patriarcal, contre le racisme,  est une évidence.

 

Dans les contextes de guerre mondiale que nous impose l’islamisme et d’assignation identitaire où nous somme pris.e.s en étau entre identitaires de tous bords de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, l’impact négatif du « féminisme » relativiste actif ces dernières décennies, se mesure à l’ampleur du recul qui frappe les femmes. La bonne nouvelle, c’est que l’essor dont il a bénéficié grâce aux milieux universitaires et aux médias férus de relativisme culturel à l’anglo-saxonne, décrédibilisé, passe de moins en moins bien dans la population.

La vision multiculturelle et relativiste qui mène à une société divisée où chaque faction repliée sur sa communauté ne voit que ses intérêts qu’elle tente d’imposer, installe des logiques de domination dont les femmes font toujours les frais. 

Le féminisme à l’inverse, vise  à gommer les rapports de pouvoir et de domination, alors il serait temps de revenir aux fondamentaux.

Les VigilantEs

 

  • Féministes ? Ma Chapelle oui !

 https://christineld75.wordpress.com/2017/05/22/feministes-ma-chapelle-oui/

  • Oui Anne Hidalgo, le racialisme est un racisme.

https://christineld75.wordpress.com/2017/05/29/oui-anne-hidalgo-le-racialisme-est-un-racisme/

  • De souche, pas de souche, blancs, non-blancs, stop !

http://www.liberation.fr/debats/2017/06/01/de-souche-pas-de-souche-blancs-non-blancs-stop_1573885

  • Mwasi et le festival non-mixte, un féminisme communautaire simpliste et dangereux

https://www.marianne.net/debattons/editos/mwasi-et-le-festival-non-mixte-un-feminisme-communautaire-simpliste-et-dangereux

« Hijab day », les féministes disent : non merci !

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« Hijab day », les féministes disent : non merci !

Sciences Po Paris, et si vous souteniez plutôt l’émancipation des femmes !

 

 

Ce mercredi 20 avril l’association Salaam Sciences Po organise à Sciences-Po Paris un « Hijab day » : https://facebook.com/events/1603650056628501/

L’évènement suscitant de nombreuses protestations sur les réseaux sociaux, un contre évènement ayant été lancé : « le bikini/jupe/robe/wathever day », la direction de Sciences-Po qui avait indiqué que le « Hijab day » devait à priori être toléré par l’établissement, a été contrainte de prendre de relatives distances : « … la tenue de cet évènement dans les murs de Sciences Po ne saurait être interprété comme un quelconque soutien de l’école à cette initiative. ». Ce matin, une pétition demande l’annulation de l’évènement.

Le collectif à l’origine de ce « hijab day » tant controversé regrette quant à lui « les nombreux messages islamophobes, haineux et racistes reçus ».

Une fois de plus la confusion règne : ce qui est présenté comme un évènement de bienveillance et de solidarité est en réalité une action politique prosélyte méthodiquement organisée, une distribution de voiles étant même prévue dans le hall d’entrée de l’école.

Une fois de plus on tente de nous faire passer la critique d’un symbole politico-religieux empreint de machisme pour du racisme et l’on confond à dessein islamophobie et racisme.

 

Sous couvert de religiosité et de pudeur, le voile est en réalité un projet politique. C’est l’un des symboles les plus visibles de l’emprise de l’islam politique et si les musulmanes se voilent peu (mais de plus en plus), celles qui s’inspirent de l’idéologie salafiste ou des Frères musulmans, le font systématiquement.

Partout dans le monde, les femmes musulmanes se voilent de plus en plus et bien malin qui peut affirmer qu’il s’agit de liberté individuelle et non de pression communautaire, d’influence des imams radicaux et de la télévision par satellite,…

Des jeunes femmes adoptent le voile par provocation, d’autres par identification, certaines pensent ainsi combattre le racisme. Mais il est certain qu’un grand nombre de femmes sont contraintes par leur famille ou conjoint, de se voiler et ce de plus en plus jeune. Dans des pays islamisques, des femmes au péril de leur vie tentent, de s’affranchir de cette contrainte sexiste.

Alors, comment se fait-il que ce soit les femmes qui endossent le symbole de la domination masculine et religieuse qui passent pour des victimes et non celles qui tentent de s’en affranchir ?

 

Le voile islamique, hijab, burqa, niqab ou tout autre dispositif visant à dissimuler le corps des femmes est le symbole d’un machisme politico-religieux qui vise à contrôler, dominer, enfermer les femmes considérées comme des êtres inférieures, mineures, impures, et de viles tentatrices de la digne virilité masculine. L’injonction politico-religieuse de se voiler, est une interprétation machiste du Coran que les progressistes de religion ou culture musulmane récusent.

Le voile, un symbole de 3.000 ans de machisme religieux par Mohamed Kacimi :  

http://m.slateafrique.com/97015/linvention-du-voile-religion-machisme

 

Les groupes radicaux ont toujours infiltré les universités car endoctriner les jeunes et futurs décideurs est l’une des cibles prioritaires de l’entrisme militant, avec les mouvements sociaux et les médias.

Il est tout de même alarmant qu’une telle journée soit organisée dans une école comme Sciences Po Paris, cautionnée par la direction de l’école puisqu’elle ne l’interdit pas et sans que la ministre de l’éducation nationale ne s’en émeuve.

Promouvoir un symbole religieux sexiste c’est vouloir un système d’apartheid genré. Dans une République laïque qui revendique l’égalité entre les genres, c’est inadmissible.

Il est grand temps de se réveiller et de réagir. C’est par ce type d’action et tant d’autres que peu à peu, se radicalise une société déboussolée, en perte de repères et de valeurs.

 

Les VigilantEs

 

« Voile et mini-jupe, même combat ? »

http://nadiageerts.over-blog.com/2016/04/voile-et-mini-jupe-meme-combat.html

 « J’ai du mal avec le voile et pas honte de le dire, ce n’est pas raciste » 

m.leplus.nouvelobs.com/contribution/1

Le hijab, et nous, les femmes

https://christineld75.wordpress.com/2014/08/19/la-delicatesse-est-a-mme-morano-ce-que-le-hijab-est-a-la-liberte-2/